Vous êtes ici : Accueil / 2013 / Élargir les potentiels révolutionnaires par l’offensive

Élargir les potentiels révolutionnaires par l’offensive

Interview avec le président et tête de liste du MLPD, Stefan Engel, 13 Aout 2013

Le MLPD se présente aux élections au Bundestag. Dans quelle situation et avec quels objectifs cela a-t-il lieu ?

Nous nous trouvons dans la crise économique et financière mondiale, persistante depuis cinq années, la plus profonde dans l’histoire du capitalisme. Presque chaque semaine dans quelques parties du monde il y a des manifestations et des grèves de masse ou même des insurrections de masse. Également il saute aux yeux que le basculement vers une catastrophe écologique a continué avec des conséquences décisives pour la vie des larges masses.

Dans cette situation une partie croissante des gens ne se sent plus représentée par le système politique dominant, le capitalisme, et par conséquent cherche une alternative fondamentale. Cela s'applique aussi pour l’Allemagne, même si les contradictions, dans l’ensemble, n'apparaissent pas encore si ouvertement comme dans des autres pays.

Les grands partis bourgeois CDU/CSU et SPD, ont perdu 40 pour cent de leurs membres depuis le début des années 1990, le FDP même 65 pour cent. Aux dernières élections au Bundestag de 2009 seulement 42 pour cent– en Allemagne orientale 30 pour cent – des personnes ayant le droit de vote optèrent encore pour un des deux grands partis bourgeois. Selon des sondages la part de ceux, qui à vrai dire ne veulent plus voter pour aucun des partis bourgeois augmente continuellement à 40 jusqu’à 50 pour cent des personnes ayant le droit de vote, y inclus 30 à 40 pour cent d'abstentionnistes et environ 10 pour cent qui peuvent s’imaginer de voter pour un petit parti pas encore représenté au Bundestag.

Le cliché, que ce grand potentiel d'abstentionnistes est en grande partie apolitique, fut réfuté de façon approfondie par une étude de la fondation Friedrich Ebert : « Les abstentionnistes sont tout à fait politiquement intéressés et informés. »[1]

Mais l’abstention ne résout aucun problème. Ces gens doivent sortir de l’impasse d’une critique purement négative et passive. La critique de plus en plus fondamentale du capitalisme doit gagner une perspective positive et active : pour une alternative radicalement gauche, révolutionnaire et véritablement socialiste ! Notre offensive pour le véritable socialisme et contre l’anticommunisme moderne vise à cela !

La participation aux élections au Bundestag signifie pour le MLPD toujours un effort particulier. Est-ce que ça vaut la peine ?

Nous nous ne faisons pas d'illusions : Les élections bourgeoises au parlement sont une méthode par laquelle le capital financier international, aussi en Allemagne, cherche à dissimuler son pouvoir sans partage sur l’État, l’économie et la société sous le couvert d'élections prétendument libres. Pour ça on a monté des obstacles substantiels au travail parlementaire des forces révolutionnaires.

Le premier obstacle, nous l'avons déjà franchi avec brio : Comme seul parti de gauche qui était obligé à recueillir des signatures, nous nous présentons dans tous les 16 Länder avec une liste électorale à l’échelon des Länder et dans 41 conscriptions électorales avec des candidats directs. Avec 43 000 signatures valables et certifiées nous avons recueilli plus que le nombre de presque 40 000 nécessaires. Dans environ un demi-million d'entretiens individuels lors de milliers d'actions et de stands d’information nous pouvions déjà acquérir de multiples expériences concrètes. Cela nous permet d’aiguiser nos arguments et d’améliorer notre travail de persuasion.

Le deuxième obstacle fut le comité fédéral électoral le 5 juillet. Cette fois, le MLPD y fut autorisé à participer aux élections sans réclamation essentielle, et avec cela son statut comme parti fut également confirmé.

Le troisième obstacle est la méthode de privilégier les partis établis sur le plan financier moyennant l'argent des contribuables, avec une somme record de 150 millions d’euros l’année passée. Par contre, nous finançons notre campagne électorale uniquement par des dons et l’initiative bénévole des masses.

Le quatrième obstacle réside dans la clause antidémocratique des 5 pour cent[2] : Avec environ 80 000 voix nous devrions en principe recevoir un mandat de député. C’est un mépris éclatant de la volonté des électeurs, que toutes les voix en dessous de 5 pour cent sont assignées aux partis qui sont déjà représentés au Bundestag.

Le cinquième obstacle est la soi-disant « égalité échelonnée des chances ». Suivant celle-ci, dans beaucoup des villes et communes, nous n'avons le droit d’accrocher qu’une fraction d’affiches en comparaison des partis établis du Bundestag.

Le sixième obstacle est la manipulation médiatique jusqu’au boycottage par les médias. La radio et la télévision de droit public sont contrôlées par les partis établis du Bundestag. Ils ont des sièges dans les conseils d'administration et les conseils de télévision et ils décident la ligne directrice des informations concernant le Bundestag. Alors que nous sommes obligés de supporter à la télévision quotidiennement et des heures durant les chefs de file du CDU[3], CSU[4], SPD[5], FDP[6], des Verts et du Parti de gauche, on prépare actuellement une émission en bloc sur les « autres partis », qui sera diffusée, comme la dernière fois, à 23 heures la nuit. Ainsi on maintient la dictée du leadership d’opinion bourgeois.

Tout de même ce serait pour ainsi dire une bêtise politique de ne pas s’en servir de ce droit démocratique de participer aux élections. En temps d'élections les masses sont particulièrement politisées. Même avec nos rares spots à la télévision et la radio nous atteignons des millions de gens. Mais notre atout est toujours la rue et l’entretien personnel. Que quelqu'un fasse la même chose ! Avec nos stands d’information, les manifestations et actions auprès des entreprises, des centres de formation professionnelles, des ateliers d'apprentissage ou dans les quartiers résidentiels nous atteindrons des dizaines de milliers de gens.

Le mot d’ordre « radicalement de gauche, révolutionnaire – pour le véritable socialisme » fait bloc contre le capitalisme d’une façon pertinente, déjà presque provocante. Est-ce-que cela ne décourage pas les gens ?

Au contraire ! En réalité chez les autres partis des questions quotidiennes sont centrales. L'intention en est de ne pas permettre toute remise en question fondamentale de la société capitaliste. Nous avons également des arguments concrets et des réponses à des questions concrètes. Mais notre campagne électorale vise une décision fondamentale sur l'orientation future à long terme des nombreuses personnes cherchant une alternative ainsi que le renforcement absolument nécessaire de notre parti.

Prenons la question des salaires : Même les partis CDU, CSU, FDP, SPD et les Verts ne peuvent plus éviter ce sujet, face à des salaires réels en baisse depuis presque 20 années, l’exploitation massivement intensifiée, huit millions de travailleurs au secteur à bas salaires, des scandales à l’égard des salaires des intérimaires ou des contrats de résultat. Maintenant tous revendiquent des salaires minimum différents en modelage et montant. Nous aussi combattons la surexploitation à base de salaires minimes, par exemple avec la revendication de parité entre intérimaires et ouvriers ayant un contrat à durée indéterminée. Mais avec cela le système capitaliste de l’exploitation de la force de travail des ouvriers n’est pas aboli. Chaque ouvrier sait de sa propre expérience : Après chaque lutte salariale couronnée de succès les capitalistes arrivent à annuler ces acquis de nouveau. L’essence de l’exploitation capitaliste reste tant que les moyens de production appartiennent aux capitalistes et le pouvoir politique reste dans leurs mains.

Du reste, ce ne sont pas seulement les ouvriers dans le secteur à bas salaires qui sont exploités ! Les 29 sociétés les plus grandes de l’Allemagne, qui appartiennent aux 500 supermonopoles internationaux les plus grands du monde, réalisent un chiffre d'affaires moyen d’environ 342 000 euros par salarié et par an. Si nous supposons qu’un salarié gagne bien 30 000 euros par an, ces supermonopoles dans l’année 2012 ont arraché environ 310 000 euros en chiffre d’affaires de chaque salarié excédant le salaire versé. Les ouvriers dans les supermonopoles internationaux se trouvent donc même particulièrement au centre de l’exploitation. Devrions-nous nous accommoder de cette exploitation énorme ? Des transformations radicales doivent se diriger contre le rapport d'exploitation lui-même ! « Abolition du salariat ! » – C’était déjà le mot d’ordre révolutionnaire de Karl Marx. Ce n’est qu’au véritable socialisme que cette exploitation de l’homme par l’homme sera abolie. Dans ce sens nous luttons pour chaque amélioration concrète, avons avancé des revendications convaincantes – et démontrons dans chacune de ces demandes légitimes, pourquoi aujourd’hui il faut être radicalement de gauche, révolutionnaire et pour le véritable socialisme.

Les rapports avec le Parti de gauche – comment sont-ils dans cette offensive ?

Depuis plus de dix ans nous observons, à l’échelle mondiale et aussi en Allemagne, une tendance vers la gauche. Le Parti de gauche est le résultat spontané et depuis lors le seul bénéficiaire de cette tendance vers la gauche – pas sa cause, comme il prétend volontiers. Dans cette tendance vers la gauche il y a deux courants principaux : Un courant révolutionnaire radicalement de gauche et un courant réformiste de gauche. Le premier courant dans le paysage des partis allemands s’incarne surtout dans le MLPD. Le deuxième courant parle du « socialisme démocratique » – comme s’il y avait aussi un socialisme antidémocratique ! Il propage l’illusion de pouvoir apprivoiser le capitalisme avec des réformes radical-démocratiques, sociales et écologiques. De surcroît, ceci est présenté comme « socialisme démocratique ». Le représentant principal de ce courant, qui veut maintenir le capitalisme, c'est le Parti de gauche. Même si beaucoup des membres du Parti de gauche sont des gens sincères : Objectivement, ce parti sert aujourd’hui à piloter la tendance vers la gauche et la conscience de classe en éveil en direction du cadre bourgeois-parlementaire acceptable pour les dirigeants. Pour ce faire, le combattant électoral supérieur du Parti de gauche Gregor Gysi, lors d’un « interview d’été » circonstancié du ZDF[7] le 28 juillet, reçut la tribune pour préparer les électeurs du Parti de gauche à une coalition éventuelle avec le SPD et les Verts. Un pas super vers le « socialisme démocratique » : Steinbrück, Trittin et Gysi comme gérants parlementaires de la dictature des monopoles ! Le fait qu'il a, en même temps, supprimé des revendications essentielles du programme électoral décidé par la base, montre la direction qu'il prend. D’autant plus : Le MLPD dans cette campagne électorale mise sur une véritable alternative sociale !

Cette fois les élections au Bundestag se passent dans une situation de développement économique négatif. Est-ce que cela a des conséquences ?

En effet, la crise économique et financière mondiale éclatée en 2008, malgré des mesures économiques et politico-financières étendues au plan mondial, a repris un développement négatif depuis l’automne de 2011. La plus grande partie des pays impérialistes n’ont pas encore atteint le niveau d’avant la crise quant à leur force économique. Quelques pays, surtout de l’Europe du sud ou bien la Grande-Bretagne, sont même rétrogradés au-dessous de ce niveau. Le mois de mai la production industrielle dans la zone euro se situait à 1,3 pour cent inférieur à celle de l’année précédente. En Allemagne aussi la production industrielle diminuait le premier trimestre de 2013 par 1,9 pour cent, le mois de mai 2013 par 0,9 pour cent. Les États BRICS – le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l’Afrique du Sud – après un essor passager entre 2009 et 2011, ont abandonné leur rôle comme exutoire à la surproduction mondiale.

Avec des billions de subventions étatiques et avec de l’argent bon marché venant des banques centrales les impérialistes cherchent, en vain jusqu’à présent, à relancer l’économie durablement.

Jusqu’à présent les subventions étatiques pour le capital financier international ne font qu’augmenter les dettes publiques. Les diminutions radicales des prestations sociales et des salaires ainsi qu’une suppression d'emplois, surtout dans les pays complètement surendettés, freinent non seulement la consommation publique mais aussi celle des masses. Ainsi la crise s’approfondit. L’endettement public galopant renforce une tendance à l’inflation, ce qui, pour l’instant, n'est empêché que péniblement par la politique des taux d’intérêts modiques et par le mauvais développement économique. Cependant nous tous font l'expérience de la hausse des frais de l’énergie et, ces derniers temps, particulièrement des prix des aliments.

Certes le capital bon marché des banques centrales réchauffe la bourse – mais en même temps des nouvelles bulles spéculatives encore plus grandes s'accroissent, qui vont éclater de nouveau un jour ou l’autre avec grand bruit.

La suraccumulation chronique n’approfondit pas seulement la crise de surproduction. Avec sa contrainte à la destruction de capitaux elle accélère également la crise structurelle internationale : Les dernières années, des capacités énormes furent construites sur une base spéculative dans beaucoup des branches, qui actuellement sont en train de s’effondre : L’industrie solaire allemande fut, à quelques détails près, ruinée par la concurrence chinoise. Pour des Länder comme le Brandebourg ou la Saxe-Anhalt c’est une catastrophe. Au secteur de l'automobile une lutte concurrentielle mondiale fait rage. Les nouvelles immatriculations de voitures particulières en Allemagne diminuaient le mois de mai par 10 pour cent, l’exportation par 5 pour cent et la production par 4 pour cent. La lutte concurrentielle aggravée contraint à une restructuration de l’industrie automobile européenne. Les monopoles internationaux d’automobiles visent déjà la fermeture de 16 usines d’automobiles en Europe.

La crise d’automobiles a aussi des répercussions sur le secteur de la sidérurgie : Suivant une étude de l’OCDE les usines de sidérurgie furent aménagées à l’échelle mondiale en une capacité d’acier brut de 2,2 milliards de tonnes – largement au-dessus de la production de 1,548 million de tonnes en 2012. ThyssenKrupp négocie déjà la sortie de la production métallurgique et annonce des projets de plus en plus étendus de suppression d'emplois.

Le géant industriel Siemens également se trouve à la dérive et vire son ancienne figure lumineuse Peter Löscher.

La conjoncture en baisse a aussi un effet sur le secteur de logistique : La Deutsche Bahn [l'entreprise ferroviaire publique en Allemagne – NdT] envisage le chômage partiel dans le transport de marchandises. Le premier trimestre de 2013 la quantité de cargaison diminuait de 10 pour cent.

Chez la plupart des grandes entreprises industrielles il y a un arrêt de recrutement depuis un certain temps. Les intérimaires sont licenciés peu à peu et les contrats à durée déterminée ne sont plus prolongés. Les non-embauches de la plupart des apprentis après la formation augmentent après comme avant. Les premières fermetures et les premiers licenciements évoquent un saut qualitatif, qui toutefois ne deviendra évident qu’après les élections.

Par la lutte concurrentielle énormément aggravée, les poids dans l'économie et la politique mondiale se déplacent à une vitesse vertigineuse. La part des supermonopoles internationaux venant de la UE parmi les 500 plus grands du monde en 2012 diminua à 97, c.à.d. 26 moins qu'en 2007. Le nombre des supermonopoles allemands déclina de 37 en 2007 à 29 en 2012. Par contre la Chine gagnait 60 supermonopoles internationaux de plus dans la même période.

La lutte à l'usine Opel à Bochum est sans doute le foyer du développement des conflits de classes en Allemagne...

Ça c’est vrai ! Du côté de General Motors il y a eu déjà un changement concret de tactique envers le personnel, alors qu’en général en Allemagne, du côté des monopoles et du gouvernement fédéral, la politique d’atténuation des conflits est encore prédominante. Évidemment, l’effectif de Bochum doit-être puni du fait qu’il servait de modèle au mouvement ouvrier avec sa grève autonome de 2004 contre la fermeture de l’entreprise. « Lutter comme chez Opel » est devenu le mot d’ordre commun de beaucoup des grèves.

Avec leur scrutin du mars 2013, où 76,1 pour cent de l’effectif s'est prononcé contre le chantage et n’acceptait ni la réduction de salaires ni la rupture de la convention collective ni la fermeture d’entreprise annoncée, les ouvriers d’Opel ont fait preuve d’un haut moral de combat et d’une autonomie de classe croissante. En liaison étroite avec le travail quotidien du MLPD et des ouvriers et ouvrières classistes combatifs, l’effectif de Opel arrive de mieux en mieux à venir à bout des variantes les plus diverses du mode de pensée petit-bourgeois réformiste, comme la tactique dilatoire de faire appel à la commission de conciliation[8]. De nouveaux leaders ouvriers se forment, qui sont prêts à assumer de la responsabilité et qui ne se laissent pas intimider par la menace de représailles. Chaque semaine de petites ou grandes réunions ont lieu, organisées de plus en plus de façon autonome, parfois liées à des courts débrayages. Bien que la majorité de l’effectif ait voté pour une grève à plusieurs reprises lors des scrutins, le déclenchement d’une grève autonome s’avère extrêmement compliqué. En effet il n'y aura pas une simple répétition de la grève autonome de 2004.

Certes, les réformistes de gauche se sont prononcés contre la politique de collaboration de classes ouverte de la direction d'IG Metall [syndicat des métallurgistes] et celle du comité général d'entreprise, mais jusqu’à présent ils se déclarent à peine prêts à s'engager dans le conflit de classe inévitablement dur avec le groupe mondial General Motors. Ils dissimulent leur propre recul avec des sales attaques anticommunistes contre la tendance classiste combative. Les travailleurs classistes combatifs et révolutionnaires doivent faire face à des exigences énormes.

Aujourd’hui une telle lutte de travail n'est possible qu'avec un système entier du travail quotidien dans l’entreprise et en dehors. À cette occasion de nouvelles formes d’organisation se produisent comme le comité de femmes « Basta ! » non-affilié à un parti ou le cercle de solidarité. Ce dernier collecte – déjà avant le début de la grève – de l’argent et fait ainsi partie de notre préparation organisée au niveau national, afin de faire cette grève une cause commune de tous les ouvriers.

Comme parti ouvrier révolutionnaire nous soutenons activement au niveau national la proposition « Un salaire horaire pour le fonds de grève chez Opel ! » et nous mettons à disposition tout notre savoir-faire et notre force d’organisation pour préparer, déclencher et mener une grève. Notre offensive pour le véritable socialisme et contre l’anticommunisme moderne fait partie de l'effort d'aider les ouvriers à venir à bout du mode de pensée petit-bourgeois anticommuniste qui se manifeste surtout dans le manque d'assurance ou des réserves confuses contre la coopération. Tout essentiellement il s’agit aussi du besoin de renforcer les cellules d'entreprise du MLPD.

Car un renforcement décisif du MLPD est une condition préalable pour le passage à l'offensive ouvrière sur une grande échelle. Sur le chemin vers l'offensive ouvrière la position de la classe ouvrière envers le MLPD devient le point central du débat ! La lutte des ouvriers d’Opel est une cause de tous les travailleurs, parce qu’elle est une bataille préliminaire des défis auxquels tous les ouvriers en Allemagne s'attendent.

Des faillites de budgets d'État et des communes menacent de plus en plus ouvertement. Qu’est-ce que nous attend ?

C’est un phénomène mondial de la crise économique et financière mondiale actuelle, que le capital financier international se redresse aux frais des budgets des États. En tout, les États de l'UE, jusqu’à présent, ont employé 4,5 billions d’euros pour le « sauvetage des banques ». Cela a augmenté l’endettement public de l'UE-27 depuis l’année 2007 – avant l'éclatement de la crise – de 7,3 à 11,0 billions d’euros. Depuis, le risque chronique d’une faillite d’État menace un nombre croissant des États du monde. En Allemagne aussi l’endettement public s'élève officiellement à plus de 2,2 billions d’euros. Ce sont tout de même 82 pour cent du produit national brut actuel. Ce taux augmenterait brusquement, si seulement un seul plan de sauvetage de l'UE, péniblement établi, serait appliqué.

Des commandes publiques, des subventions, des garanties bancaires étatiques et des investissements surtout dans l’infrastructure sont aujourd'hui des conditions indispensables pour le maintien de la compétitivité du capital financier international. C’est pourquoi ils veulent continuer à redistribuer le budget d'État dans leur sens. C’est pour ça que l’assainissement de l’endettement public doit être répercuté principalement sur les communes, où les masses sont touchées le plus directement. Déjà maintenant une grande partie des communes en Rhénanie-Westphalie est tellement endettée, qu’elles appartiennent dans une large mesure aux banques. Des rues et des bâtiments se délabrent et des acquis sociaux sont radicalement démantelés. Le Bund et les Länder rejettent de plus en plus des tâches sur les communes – sans dire d’où devait provenir l’argent. La faillite de la ville US Detroit suivant Chapitre 9 du droit d’insolvabilité démontre, à quelle situation cela peut aboutir chez nous aussi.

Déjà depuis un certain temps les politiciens bourgeois répondent à l’endettement étatique aussi en dévalisant les caisses des assurances sociales ou bien en réduisant l'aide financière respective. Ce sont les masses des assurés qui en doivent supporter les conséquences : avec des contributions financières croissantes à la santé publique, avec une réduction massive des retraites en valeur réelle à un niveau d’environ 43 pour cent net [du revenu moyen individuel – NdT] en 2030 etc. La conséquence sera une pauvreté de vieillesse croissante – surtout chez les parents uniques, les femmes, les immigrés et chez les – maintenant déjà plus de 6 millions – bénéficiaires de Hartz IV[9]

Tout cela n'est-il pas certes regrettable, mais tout simplement sans alternative, comme la chancelière Merkel le souligne toujours ?

C’est absurde ! Naturellement il y a des alternatives ! Pour surmonter l’endettement public un changement fondamental des rapports de puissance est cependant nécessaire. À très juste titre après la révolution socialiste de 1917 en Russie et la révolution de 1949 en Chine les États socialistes nouveau-nés suspendirent immédiatement toutes les dettes envers leurs créanciers impérialistes. Tant que ces pays étaient socialistes, ils ont établi, par l’initiative des masses dans le cadre d’un déploiement systématique de l’économie et de la société, des budgets d’État équilibrés. Il n’y existait pas de spéculation, pas d’inflation et aucun endettement public[10]. Les frais du régime général de la Sécurité sociale étaient financés uniquement par les chiffres d’affaires de l’industrie. De là toutes les prestations sociales étaient gratuites pour la population. Si jamais, les masses ne devaient payer que peu d'impôts. Les conditions matérielles nécessaires à une telle société socialiste sont aujourd'hui remplies plus que jamais.

L’Égypte, la Turquie, le Brésil, la Bulgarie – l’émeute dans le monde prend évidemment de la vitesse...

En 2011 nous avons analysé « un processus d’effervescence révolutionnaire transnationale dans la région méditerranéenne ». Une année plus tard, lors de notre IXe Congrès, nous dûmes faire le bilan de façon réaliste, que les mouvements d’insurrection d’abord se retrouvaient dans une impasse. Cependant, seulement une demi-année plus tard des insurrections de masse se développent de nouveau dans divers pays du monde : L’Égypte, la Turquie, le Brésil, la Bulgarie, la Tunisie etc. Il s'agit du travail, des droits des femmes, de la lutte contre la faim et pour la démocratie et la liberté. Souvent des évènements relativement petits, comme la destruction prévue du parc Gezi à Istanbul ou une augmentation du prix de transport au Brésil, déclenchent un mouvement de masse. C’est comme chez les jets d’eau des geysers, les sources chaudes jaillissantes, que d’un seul coup l’énergie accumulée pendant longtemps se fraye le chemin. De plus en plus les gens qui luttent ne veulent pas seulement des réformes particulières ou renverser un gouvernement. Leur lutte se dirige objectivement de plus en plus contre le système. Leurs luttes reflètent un processus rapide d’assimilation parmi les masses. Le système du mode de pensée petit-bourgeois avec ses illusions réformistes s'use par le temps. En Égypte la tentative des dominants avec l’aide des impérialistes US et UE, d’empêcher une révolutionnarisation ultérieure par des illusions bourgeois-parlementaires ou par l’idéologie réactionnaire des « frères musulmans modérés » a échoué lamentablement déjà au bout d’une année. En Tunisie s’amorce actuellement un développement semblable.

Le fait que des crises politiques ouvertes éclatent de plus en plus à l’échelle mondiale démontre comment le potentiel d’une crise révolutionnaire mondiale ne cesse de se développer. Nous les marxistes-léninistes avons une attitude positive envers des révolutions et des insurrections, nous n’en avons pas peur comme les dominants ou ne les déplorons pas comme les réformistes. Elles sont une juste cause, elles attaquent le mal à sa racine et peuvent aboutir à des changements sociaux vraiment durables ! L’orientation à la préparation de la révolution internationale socialiste sera un signe caractéristique de notre campagne électorale.

C’est alors ça que veut dire la « nouvelle qualité de l'internationalisme prolétarien », vers laquelle le IXe Congrès a orienté ?

Le MLPD a fait des progrès importants et remporté des succès importants dans son travail internationaliste. Le plus important fut la collaboration à la fondation de l'ICOR[11] en 2010. Aujourd'hui elle a déjà 45 membres venant de 32 pays. Avec la constitution et le commencement du travail de la coordination continentale elle s'est consolidée en tout. Avant tout des rapports impressionnants mutuels de confiance ont été établis. Le MLPD a fait connaître l'ICOR avec succès dans une campagne d'un an et, avec 607 222,86 euros, a obtenu un résultat excellent dans la collecte des dons. 10 pour cent de cette somme furent versés à l'ICOR.

Sous les mots d'ordre « Arrêt de toutes les centrales nucléaires ! » et « Interdiction et destruction de toutes les armes nucléaires! » l’ICOR et le ILPS[12] ont appelé à la résistance et lancé une campagne mondiale d'un an et ils ont recueilli, dans quelques pays, des signatures pour une pétition. Cela fut la première activité commune du mouvement international marxiste-léniniste et ouvrier en ce qui concerne la politique environnementale.

Un grand pas en avant et un modèle pour la coordination mondiale dans le mouvement ouvrier fut la 1e Conférence internationale des mineurs, tenue en mars 2013 avec succès au Pérou, avec 500 représentants de 25 nations. En tout presque 50 pays étaient impliqués dans le processus de la préparation. La coordination internationale des mineurs fut fondée à l'unanimité. Cela est un grand pas vers le regroupement des mineurs combatifs et classistes du monde.

Si nous parlons d'une « nouvelle qualité » de l'internationalisme prolétarien il s'agit cependant de plus. Nous devons accorder la priorité la plus haute au développement d'une conscience internationaliste parmi les masses et en particulier parmi le prolétariat industriel international et la jeunesse.

Une tendance petite-bourgeoise internationaliste marquée s'oppose à cela, ce qui se manifestait, jusqu'à présent, d'une certaine manière dans chaque projet international. Ainsi il fallait, par exemple à la conférence mondiale des femmes ou à la conférence des mineurs, carrément terrasser une tendance de quelques acteurs à séparer ces activités du travail quotidien parmi les masses.

Dans notre campagne électorale il importe de faire s'interpénétrer étroitement le travail internationaliste avec notre travail quotidien systématique.

Le « tournant énergétique » du gouvernement fédéral n'était-il qu’une feinte ?

D'abord le gouvernement de Merkel/Rösler fut pratiquement obligé d'annuler la loi sur l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires après la catastrophe nucléaire à Fukushima et les protestations massives contre les centrales nucléaires, afin de donner au moins l'impression de s'occuper sans relâche de la protection de l'environnement. Quand cependant le passage aux énergies alternatives s'effectuait bien plus vite que prévu par l'initiative des masses, les monopoles énergétiques intervenaient. Ils redoutaient déjà cette restriction de leurs marchés et leurs profits maximaux. Le ministre de l'environnement du CDU de cette époque, Norbert Röttgen, fut remplacé par Peter Altmaier et le tournant énergétique était freiné. Entre-temps il ne s'agit plus seulement d'un « rollback », [refoulement] mais d'une aggravation de la pollution. Ainsi les centrales à charbon allemandes ont la permission d'émettre en 2012 même 4 pour cent du gaz carbonique de plus de l'année précédente.

Avant tout par le prélèvement de la loi des énergies renouvelables le prix à la consommation est augmenté systématiquement pour garantir aux monopoles énergétiques des profits maximaux et monter les masses contre les énergies renouvelables. Des branches consommant beaucoup d'énergie sont en revanche subventionnées par une énergie extrêmement bon marché de 4 cent par kilowattheure.

Un autre scandale est la demande de l'UE, aussi sous le commissaire d'énergie Günther Oettinger (CDU), de promouvoir l'énergie nucléaire à l'échelle européenne et de même subventionner cela par l'État.

Entre-temps le mode de production capitaliste mondial s'oppose de façon irréconciliable à la sauvegarde des bases naturelles de l'existence de l'humanité. Pour sauver l'environnement il faut surmonter le capitalisme.

Le MLPD attache une grande importance au travail écologique. Comment le parti se prépare-t-il à cela actuellement?

Le IXe Congrès a décidé d'établir le travail écologique comme deuxième plus importante ligne de combat pour la préparation de la révolution socialiste internationale.

Dans le MLPD, mais aussi parmi les masses, une lutte a éclaté pour la nouvelle qualité nécessaire et le changement stratégique du mouvement environnemental. Un nombre de nouvelles cellules environnementales furent fondées et le profil du MLPD en matière de politique écologique fut renforcé et développé ultérieurement. La « Conférence de stratégie du mouvement environnemental » le lundi de Pentecôte à Schwerte, avec 320 participant(e)s, parmi eux beaucoup de représentants d'initiatives et associations écologiques importantes, fut certainement couronnée de succès. On a décidé un congrès de fondation de l'union des écologistes et la conquête de 5 000 initiateurs au moins jusqu'à l'automne 2014. Sans doute on sous-estime encore le fait que nous avons besoin d'une tout à fait nouvelle qualité du mouvement environnemental pour arrêter cette catastrophe qui a déjà commencé.

Le MLPD qualifie la solution de la question sociale et environnementale comme son trait caractéristique. Qu'est-ce qu'on entend par cela ?

Pour nous la question sociale ne se limite pas à des reformes de la politique sociale. Pour nous elle a deux aspects principaux : l'exploitation par le travail salarié dans les entreprises et la double exploitation et oppression de la masse des femmes par l'ordre familial et de l'État bourgeois.

Cette question sociale, comme la question environnementale, de nos jours ne peut être résolue que dans le socialisme ! Entre-temps, la crise écologique est liée inéluctablement au mode de production capitaliste. Cela présage le danger de la destruction des bases naturelles de toute la vie (humaine), si l'impérialisme peut continuer à faire s+++es ravages. Dans le renversement révolutionnaire nécessaire de l'impérialisme la question sociale et la question environnementale deviennent identiques. Aujourd'hui elles peuvent être résolues seulement en unité et en interaction réciproque.

Le prolétariat industriel international est la force décisive pour le renversement du capital financier international et ainsi pour la solution de la question sociale et la question environnementale.

Les gens menacés par la catastrophe écologique sont devenus le groupe le plus grand de tous les opprimés. Notre mot d'ordre « Prolétaires des tous les pays et opprimés, unissez-vous ! » vise la création d'une force qui devance l'impérialisme. Le mouvement environnemental traditionnel est fortement marqué par le fait de réagir à des développements particulièrement graves. Il dénonce, il est compétent et développe suivant le cas des activités combatives. Cependant, ce faisant il n'est pas à la hauteur du danger global d'une catastrophe écologique !

Il n’est pas concevable de devenir une force de supériorité sans activité organisée durable – sans surmonter les réserves anticommunistes et hostiles aux ouvriers, les limites nationales, le culte de la spontanéité et la confiance en la capacité d'apprentissage des dominateurs. Cela est un processus profond d'autochangement face aux conditionnements du mouvement environnemental de 40 ans, qui se reflète aussi dans les discussions au sein de notre parti.

Y a-t-il de telles discussions sur le processus d'autochangement du travail du parti de grande portée seulement dans le domaine du travail écologique ?

Non ! Les décisions du IXe Congrès du parti, à l'arrière-plan de la situation mondiale extrêmement compliquée, donnèrent des impulsions importantes à l'autochangement de tous les domaines du travail du parti. En vue de la responsabilité croissante du MLPD cela dépasse la dimension de tous les congrès du parti jusqu'à présent !

Prenons seulement notre travail au niveau des entreprises et des syndicats, qui est une caractéristique de qualité reconnue du MLPD. Cependant la nouvelle qualité requise du travail au niveau des entreprises et des syndicats dépasse largement ce que nous avons élaboré et conquis dans Revolutionärer Weg [Voie révolutionnaire] 11 et 12 « Syndicats et lutte de classe » comme fondement de notre travail. Entre-temps un nombre important de caractéristiques essentielles du travail à la ligne principale de combat prirent forme, qui doivent-être reconnues, testées et conquises de haute lutte contre des empreintes petites-bourgeoises. Rien que la notion « travail au niveau des entreprises et syndicats » est en principe déjà trop restrictive pour cela aujourd'hui !

À ces nouvelles caractéristiques appartiennent la nécessité d'une stratégie et tactique concrètes dans la lutte pour le mode de pensée ou les défis provenant de l’internationalisation de la lutte de classe. La question sociale ne peut pas être limitée au système du travail salarié, mais doit inclure toute l'ampleur de la production et reproduction de la vie humaine. Cela veut dire qu’il faut comprendre les conditions de vie des ouvriers et de leurs familles ainsi que la lutte pour la libération de la femme comme éléments intégraux de la question sociale. De même la lutte pour sauver l'environnement de l'économie de profit est un composant indispensable du système peu spectaculaire du travail quotidien dans les entreprises et syndicats !

Le travail principal pour la conduite de grèves doit être fait aujourd'hui avant leur déclenchement. Il faut renforcer les cellules d'entreprise et implanter avec persévérance de nouvelles formes d'organisation dans la coopération non liée à un parti avec les ouvriers – comme les rédactions des journaux à l'échelle des usines et des groupes industriels. En tout cela il ne faut jamais négliger l'initiative créatrice dans le travail syndical constructif ou dans les fonctions de confiance entre-temps nombreuses dans l'entreprise. C'est tellement de travail et nous en avons des discussions vives et créatrices.

Quel progrès le travail théorétique du comité central a-t-il fait sur Revolutionärer Weg no 35 « La lutte de classe et la lutte pour l'unité entre l'homme et la nature » ?

Le travail avance selon le plan établi de façon que nous présenterons un premier brouillon pour le manuscrit encore ce mois. S’il n’y a pas de tâches importantes qui interviennent, le comité central pourra décider de la publication de ce numéro de l'organe théorétique jusqu'à fin 2013. Il contiendra une série des connaissances et analyses fondamentales qui nous aideront à venir à bout de la sous-estimation de la question environnementale. Sur le plan idéologique il nous fallait remonter à Marx et Engels. Il nous fallait comprendre complètement les découvertes fondamentales sur l'unité entre l'homme et la nature qui étaient largement tombées dans l'oubli dans le mouvement marxiste-léniniste et ouvrier international et les appliquer à la nouvelle situation. Sur le plan politique il nous fallait faire avancer nos analyses du développement de la crise écologique globale. Nous sommes parvenus au résultat sérieux, que nous ne nous trouvons plus au début d'un basculement dans une catastrophe écologique mais déjà juste au milieu de celui-là. Quatre facteurs nous amenaient à parler d'un début du basculement dans une catastrophe écologique globale depuis les années 1990 : l'effet de serre, l'accroissement du trou d'ozone, la destruction accélérée des forêts pluviales et la multiplication frappante des catastrophes régionales. Ils se sont développés de façon accélérée.

D'autre part de nouveaux facteurs de la crise écologique s'ajoutaient qui, dans leur action conjointe, constituent une nouvelle qualité : l'acidification, la pollution et le réchauffement des océans, la destruction d'écosystèmes régionaux et par conséquent la disparition d'espèces ; l'exploitation abusive des matières premières fossiles et le gaspillage, jusqu'à l'épuisement, des ressources naturelles et enfin l'invasion des déchets et la contamination frappant l'environnement naturel – comme par des millions des tonnes de déchets nucléaires irradiés.

Ce développement exige d'urgence de prendre au sérieux les décisions stratégiques du IXe Congrès du MLPD et de surmonter chaque hésitation dans leur mise en pratique.

Comment juges-tu la surveillance gigantesque des masses dévoilée et la militarisation renforcée et le danger de guerre croissante ?

Reconnaître à temps un développement révolutionnaire et l'étouffer dans l'œuf – c'est la tâche des services secrets. Quand on se dresse contre la critique croissante des masses et le développement de leur résistance, les services secrets de tous les pays impérialistes se trouvent d'accord et collaborent étroitement. Par conséquent c'est la pure hypocrisie quand le gouvernement actuel – en premier lieu la chancelière Merkel – joue l'innocente en vue de l'affaire de surveillance et la collaboration de tous les services secrets. Et il est la même hypocrisie quand l'opposition du SPD et des Verts jouent les indignés maintenant. Car cette collaboration des services secrets fonctionne déjà depuis des décennies et fut encore intensifiée sous le gouvernement « rouge-vert » [SPD et Verts] depuis le 11 septembre 2001.

Une correspondance importante entre ce scandale de surveillance et le scandale à propos les drones « Euro-Hawk », qui est devenue publique maintenant, ne manque pas de piquant : L'Euro-Hawk est avant tout un drone d'espionnage. Et les appareils de codage et décodage avec le logiciel correspondant pour les conversations téléphoniques mobiles a fourni justement la NSA ! À côté de cette surveillance des luttes de masse, des drones peuvent aussi tuer de manière ciblée. Le gouvernement Merkel reste fidèle à l'acquisition des drones de combat qui sont particulièrement appropriés à la lutte contre l'insurrection et la liquidation ciblée de révolutionnaires. À vrai dire le caractère politique explosif de ce scandale de drones réside dans le fait, que cette politique de lutte contre l'insurrection et de guerre sans scrupules du gouvernement fédéral fut en partie dévoilée et dénoncée, contre toutes les tentatives de dissimulation. Celui qui montre seulement les centaines de millions d'euros gaspillés, comme l'opposition bourgeoise, fait diversion pour cacher ce cœur politique. Avec des hommes courageux comme Edward Snowdon, des manifestations mondiales contre la surveillance des masses et aussi avec des succès, comme la lutte couronnée de succès pour la libération de Gustl Mollath de la psychiatrie, se manifeste la détermination des masses de s'opposer à la répression réactionnaire et décadente.

L'offensive vise aussi contre l'anticommunisme moderne. Cela veut dire quoi ?

Deux grandes barrières s'opposent encore à l'orientation en masse vers le socialisme : D'une part ce sont les expériences de la restauration du capitalisme dans les anciens pays socialistes et la dégénérescence des anciens partis communistes. La propagande anticommuniste met la trahison du socialisme sur le dos de l'idée du socialisme. En conséquence dans les têtes de beaucoup de gens s'est établi l'attitude : « Le socialisme est vraiment une bonne idée, mais il ne fonctionnait tout simplement nulle part ». Pour cela la propagation offensive de nos enseignements tirés de la restauration du capitalisme portant sur le rôle décisif du contrôle du mode de pensée dans le parti, l'économie et l'État est la condition décisive pour que le socialisme gagne de nouveau massivement en prestige.

La seconde barrière est l'anticommunisme moderne comme véritable « terreur d’État idéologique » de notre État capitaliste. Il se présente d'une manière critique envers le capitalisme, mais propage des milliers de réserves, de demi-vérités et de mensonges afin de dissuader les masses. Il bombarde les masses par tous les médias, par des réserves, par l'habitude de principes anticommunistes apparemment tout naturels dans beaucoup d'organisations de masse. Il fait effet en premier lieu comme influence subtile du mode de pensée petit-bourgeois anticommuniste. Cela rend la discussion sur ce sujet particulièrement compliquée. Car souvent les gens ne le prennent d’abord pas pour un thème de discussion – ils ne se considèrent pas comme anticommunistes. Cependant le mode de pensée petit-bourgeois anticommuniste fait effet dans les angoisses subtiles de « mieux pas collaborer trop étroitement avec les marxistes-léninistes » : On pourrait peut-être avoir des difficultés ; il y aurait peut-être quelque chose du vrai au dénigrement par les services secrets ; ou on ne sait pas exactement à quoi l'on s'engagerait réellement avec eux. Traiter tout cela correctement sera un sujet important de notre offensive. Montrer un point de vue clair par la polarisation envers l'anticommunisme, facilite pour les masses de venir à bout du mode de pensée petit-bourgeois anticommuniste. Il faut traiter les angoisses des gens franchement, de manière convaincante, solidaire et avec sensibilité.

Dans tout cela nous devons dévoiler le caractère de classe de l'anticommunisme moderne et l'attaquer sûr de nous et de façon offensive. La polarisation envers l'anticommunisme moderne doit être liée étroitement au travail de persuasion intensif. Pour cette raison une véritable offensive de la vente de notre littérature est importante pour donner une base solide à l'intérêt croissant. Notre série de réunions sur les classiques du marxisme-léninisme y contribuera aussi. Elle sera ouverte d'ailleurs la semaine prochaine à la « Horster Mitte » à Gelsenkirchen.

Vous attachez la plus grande importance au travail de vos initiatives électorales. Pourquoi ça ?

Nous faisons une campagne électorale pour mobiliser les gens à devenir eux-mêmes – ensemble avec nous – des nouveaux politiciens et nouvelles politiciennes. Pour cela les initiatives électorales ont une importance éminente. Tandis qu'elles étaient, lors des dernières élections, un instrument pour organiser la campagne électorale, maintenant toute la campagne électorale du MLPD est organisée par les initiatives électorales. Cela naturellement exige plus pour s'associer au travail des initiatives – mais les rend aussi plus attrayantes. Actuellement il y a 61 initiatives électorales avec environ 3 000 membres. Suivant les expériences des dernières élections nous supposons que ce nombre va augmenter considérablement au cours de la campagne électorale. Chacun y a la chance de faire activement la connaissance de nos candidats, de notre parti avec son système du travail quotidien, de nos objectifs, de notre mode de travail et enfin de compte de notre vie commune solidaire et de notre culture de fête et de s’y investir. Cela coupe en même temps l'herbe sous les pieds des réserves anticommunistes ou elles peuvent, le cas échéant, être élucidées franchement. Chaque initiative électorale s'occupe des questions essentielles de la lutte de classe et de la campagne électorale. Les gens y peuvent apprendre à penser et agir de façon organisée, consciente et méthodique. Comme objectif particulier nous avons prévu à gagner une part de 20 pour cent de jeunes.

Le travail auprès de la jeunesse quel rôle joue-t-il ?

Dans notre offensive pour le véritable socialisme nous nous adressons en particulier aux jeunes et aux enfants de devenir actifs eux-mêmes et de s'organiser dans l'organisation de la jeunesse Rebell et l'organisation des enfants Rotfüchse. Les jeunes se révoltent mondialement contre les conséquences draconiennes de la crise économique et financière mondiale. Il importe de les gagner comme avant-garde pratique de la préparation de la révolution internationale et de les éduquer. Il est important que les initiatives électorales fassent du travail auprès de la jeunesse leur cause commune, même si cela n'est pas si facile. Au moment encore peu de jeunes s'associent au travail de façon réellement organisée et durable. D’un côte c’est certainement un phénomène social que nous devons attaquer. De l’autre, c'est aussi un défi pour le parti de surmonter chaque distance, mais aussi l'opportunisme et le sectarisme envers la jeunesse.

Pendant les derniers mois notre organisation de la jeunesse Rebell a gagné de l’attrait en liaison avec la nouvelle qualité de l'internationalisme prolétarien et comme acteur d'esprit rebelle de la lutte contre l'anticommunisme moderne. Nous devons développer ces caractéristiques dans notre offensive et jouer cet atout !

Celui qui veut répondre à la jeunesse ne doit pas la cajoler. Mais nous devons la mettre au défi de faire de la politique elle-même, devons la former solidement pour cela et l'aider à venir à bout du mode de pensée petit-bourgeois antiautoritaire. Cela aussi est un processus essentiel de l'autochangement de notre travail du parti.

Augmenter les potentiels révolutionnaires – en Allemagne et à l'échelle internationale – c'est l'objectif déclaré de notre offensive dans le contexte des élections fédérales. Le renforcement de notre parti et de notre organisation de jeunesse fait partie de cela en premier lieu. Le point de mire devient maintenant la lutte pour chaque voix. La voix pour le MLPD aux élections a, en vue de la manipulation dans la campagne électorale bourgeoise, certes seulement une importance relative pour les résultats des élections. Elle a pourtant une force d'expression comme caractéristique important pour le développement de la conscience des masses. Car chaque voix pour le MLPD est une approbation consciente pour notre issue révolutionnaire socialiste et pour le soutien du MLPD et de ses candidats. Cela s'exprimera - tôt ou tard – aussi dans un renforcement des forces révolutionnaires et un essor de la transition à l'offensive ouvrière sur un large front.

Beaucoup de succès et un grand merci pour l’interview !



[1] Manfred Güllner : « Abstentionnistes en Allemagne » – étude sur ordre de la fondation Friedrich Ebert 17/06/2013 – TdlR

[2] la barre des 5 pour cent refuse à chaque parti qui obtient moins de 5 % des votes un siège parlementaire – NdT

[3] Union chrétienne-démocrate

[4] Union chrétienne-sociale, présente en Bavière seulement

[5] Parti social-démocrate d'Allemagne

[6] Parti libéral d'Allemagne

[7] Chaîne 2 de la télévision de droit public – NdT

[8] instance de conciliation prévue par la loi sur les comités d'entreprise composée d'un nombre pareil de représentants de l’effectif, du patronat avec un président « impartial » – NdT

[9] Allocation prévue par le plan de réforme Hartz IV aux personnes en capacité de travailler qui n'ont plus droit à l'allocation chômage. Les lois Hartz IV visent la réduction massive de prestations et de droits des chômeurs et la contrainte au travail intérimaire et faiblement rémunéré – NdT

[10] Voir par exemple : « Le premier quart d’un siècle de la nouvelle Chine », Pékin 1975, p. 60 et suivantes [édition allemande]

[11] Coordination internationale des partis et organisations révolutionnaires

[12] Ligue internationale de la lutte des peuples

Actions sur le document