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Stefan Engel: Discours inaugural de la 2e Conférence mondiale de l'ICOR

1er Avril 2014

 

Chers camarades, femmes et hommes,

au nom de l’ICC je voudrais vous souhaiter cordialement la bienvenue à la 2e Conférence mondiale de l'ICOR.

Je salue les 47 délégués au total de 28 pays.

Une bienvenue sincère aussi aux invités du Sri Lanka de deux organisations qui aspirent à devenir membres de l'ICOR et que nous avons invitées en tant qu’hôtes.

C'est un honneur particulier pour moi de vous recevoir à notre conférence.

De plus, je salue les 58 assistants de 9 organisations au total qui ont préparé cette conférence pendant les derniers jours de façon excellente - une performance vraiment internationaliste.

Chers camarades, femmes et hommes, avant que nous commencions notre travail, je citerai les noms des camarades qui sont morts :

Ce sont:

  • le camarade Vladimir Spasov, président du Parti communiste bulgare, Bulgarie

  • la camarade Katja Ivanova, membre du comité directeur du Parti ouvrier de Bulgarie (Communistes), Bulgarie

  • le camarade Joseph Roney, membre fondateur du Nouveau Parti Communiste Haïtien (Marxiste-Léniniste)

  • le camarade Kamal El Hassani, membre de la Ligne prolétarienne marxiste-léniniste marocaine

  • le camarade Nouredine Abdelhouabe, membre des Marxistes-Léninistes Marocaines, Ligne prolétarienne marocaine

  • le camarade Nar Bahadur Karmacharya, membre fondateur du Parti communiste du Népal, aujourd'hui NCP (Mashal), Népal et CPN (Unified), Népal

  • le camarade Parviz Vaez-Zade, membre de Ranjbaran, Iran

  • la camarade Mahvash Jasemi, membre de Ranjbaran, Iran

  • la camarade Tarane Lotfalian, membre de Ranjbaran, Iran

  • le camarade Zia Nasiri, membre de Ranjbaran, Iran

  • la camarade Annie Maasbommel, membre de Rode Morgen, Pays-Bas

  • la camarade Magda Maasbommel, membre de Rode Morgen, Pays-Bas

  • le camarade Sashel Sassi, membre de PPSR-WATAD, Tunisie

  • le camarade Yilmaz Selcuk, membre du MLKP, Turquie-Kurdistan du Nord

  • la camarade Yasemin Ciftci, membre du MLKP, Turquie-Kurdistan du Nord

  • le camarade Serkan Tosun, membre du MLKP, Turquie-Kurdistan du Nord

En particulier, je voudrais mettre en avant le camarade Shobane Mpiake, président du CPSA(ML) Afrique du Sud, un des initiateurs de la première heure pour la création de l'ICOR.

Nous commémorons aussi les victimes qui ont payé de leur vie la lutte pour la liberté, la démocratie et le socialisme.

Je vous demande de vous lever pour observer une minute de silence.

Merci!


Chers camarades, femmes et hommes,

la rencontre de cette 2e Conférence mondiale n'a rien d’évident.

Face aux nombreuses tâches de nos organisations membre c’est évidemment le premier obstacle à passer de comprendre l'importance de la 2e Conférence mondiale et de faire tout pour pouvoir y participer. Un nombre important d'elles ont décommandé leur participation, parce qu'elles ont dû rester dans leurs pays pour des raisons différentes.

Les faibles forces et moyens financiers sont également chaque fois un obstacle important pour l’arrivée aux conférences de l'ICOR.

Cependant, les obstacles principaux sont des chicanes bureaucratiques de l'ennemi de classe qui ont rendu impossible, cette fois-ci aussi, l'arrivé de quelques délégués.

Il est d’autant plus important que cette 2e Conférence mondiale ait lieu avec la maturité de décision nécessaire.

Rappelons-nous la Conférence de fondation où nous avions à surmonter d’abord l'un ou l'autre doute à propos des perspectives de ce nouveau projet pionnier historique, pour tenter

« 67 ans après la dissolution de la 3e Internationale le pas vers une nouvelle organisation internationale du prolétariat révolutionnaire et de toutes les masses opprimées qui luttent pour leur libération. »

Aujourd'hui nous nous trouvons devant la tâche de dresser un bilan concret de ce projet après une phase de construction de plus de 3 ans.

Commençons par les défis politiques devant lesquels cette plante fragile de l’ICOR a dû lutter pour conquérir sa place dans le monde :

Primo :

Les effets de la crise économique et financière mondiale qui a commencé en 2008 et dure toujours sont l’arrière-plan général du développement politique et du développement de la lutte de classe à l’échelle internationale.

Il y a eu beaucoup de nouveaux phénomènes et aspects du déroulement de la crise ce qui n'a pas rendu facile à nos organisations membre d’y voir clair à tout moment. Et beaucoup d’analyses et de débats sont certainement encore nécessaire pour arriver à une compréhension tous azimuts de la crise économique et financière mondiale.

Il y avait d’abord la corrélation mutuelle de la crise économique et financière mondiale qui ne s'est manifestée dans aucune des crises économiques mondiales jusqu'à présent d’une façon aussi prégnante.

Il y avait en plus la gestion de la crise internationale au début soutenue par tous les 20 pays G8, soutien qui s’est effrité progressivement pendant la crise.

Et il y avait la méthode de l'argent à bas prix pour les banques monopolistes qui persiste jusqu'à nos jours et qui a renforcé la spéculation internationale et augmenté l'endettement publique international de 30% depuis le début de la crise économique internationale.

Secundo :

Et il y avait notamment le fait de l'économie mondiale divisée. Un développement contradictoire commençait qui était d'abord déroutant.

À partir de 2009 beaucoup de capitaux sont afflués dans les pays BRICS, les pays MIST et dans d’autres pays sous dépendance néocoloniale plus développés, tandis que les vieux pays impérialistes s’embourbaient encore profondément dans la crise ou glissaient encore plus profondément dans la crise.

Avec l’assouplissement de la politique monétaire une tendance inverse s'est produite depuis 2012 :

Aujourd'hui les billions de dollars US sont reversés dans les vieux pays impérialistes – en attenant de prendre part à de nouveaux profits maximaux face à une relance pronostiquée.

Cependant un changement évident du développement économique mondial a eu lieu  sur lequel nous devons fixer notre attention.

Ainsi, les pays BRICS ont conquis une part de 61,4 pour cent de la production sidérurgique mondiale.

En 2000 cette part était encore de 29,5%.

Dans la production automobile mondiale les pays BRICS et MIST disposent ensemble d’une part de 46,6 pour cent en 2012.

En 2000 c'étaient encore 17,5 pour cent.

Les vieux pays impérialistes ont donc été dépassés avec 43,4 pour cent. Aujourd'hui, même le plus grand producteur automobile allemand, VW, produit plus de voitures en Chine qu'en Allemagne.

Avec un part de 92 pour cents, la construction navale mondiale est aujourd'hui concentrée en Chine, Corée du Sud et au Japon.

La démolition des bateaux est concentrée avec une part de 70 pour cent au Bangladesh (leader mondial de démolition avec 33,8 pour cent), en Inde et au Pakistan.

L'axe central de l'économie mondiale s’est clairement déplacé de la région transatlantique vers la région asiatique du Pacifique.

En 2000, la valeur ajoutée brute industrielle de la région USA/UE était encore de 50 pour cents plus élevée que celle de la région Asie/Pacifique avec une valeur de 4 297 milliards dollars US.

Avec une valeur ajoutée brute de 7380 milliards dollars US dans l'an 2011 la région Asie/Pacifique a dépassé de loin la région USA/UE avec 6.439 milliards dollars US.

Ceci aura aussi des répercussions politiques, décalera les forces et doit avoir des conséquences pour notre stratégie et tactique.

Néanmoins, les anciens pays impérialistes continuent à dominer les centres de pouvoir économiques et politiques. La production fut délocalisée, mais les centres de pouvoir se trouvent toujours principalement dans l'UE, aux États-Unis et au Japon.

En 2012, 262 des 500 plus grands supermonopoles du monde ont toujours leur siège aux États-Unis et en Europe et seulement 181 en Asie/Pacifique. Mais pendant les dernières années, ils ont rattrapé beaucoup et plus que doublé leur part.

De plus en plus de pays sont sortis de la crise économique mondiale ou ont passé dans un redressement, surtout des pays de l'UE et des États-Unis. C’est un signe que la crise économique mondiale prend fin.

Tertio :

Sur fond de la crise économique et financière mondiale une vague de luttes pour la démocratie et la liberté se développa à partir de la Tunisie à l’échelle mondiale.

Depuis lors plus de la moitié de tous les pays de la planète étaient touchés par des insurrections et des mouvements de masse pour la liberté et la démocratie. Dans beaucoup de ces pays, il y avait au moins un changement de gouvernement, même si ces pays semblaient être relativement stables.

Cette lutte manifeste une déstabilisation spontanée de l’ancien ordre impérialiste, tout d'abord de façon objective.

C’est une condition préalable importante pour que prenne forme une crise révolutionnaire mondiale où il sera possible d’attaquer l’ancien système impérialiste mondial et d’imposer un nouvel ordre social.

Pour les marxistes-léninistes, la lutte pour la liberté et la démocratie est toujours liée à la lutte pour le socialisme.

Ceci nous distingue de beaucoup de ces mouvements qui existent aujourd'hui.

En raison de la faiblesse des partis et organisations révolutionnaires la lutte pour la liberté et la démocratie était cependant liée, dans la plupart des pays, à des points de vue petits-bourgeois, en partie religieux intégristes et ouvertement réactionnaires comme en Ukraine ou en Thaïlande. Entre-temps des forces réactionnaires cherchent aussi à profiter de ce fait. Elles se servent de ces mouvements pour des machinations réactionnaires.

Quatre :

En mars 2011 l’un des plus grands accidents maximaux prévisibles s’est produit dans une centrale nucléaire à Fukushima, déclenchant une crise de l’énergie nucléaire au niveau mondial. C'est à dire, le quatrième plus grand accident maximal prévisible et en même temps le plus grave s'est produit justement au Japon qui dispose des centrales nucléaires prétendument les plus sûres du monde.

Dans beaucoup de pays la volonté majoritaire des masses changea et s’opposa à l’énergie nucléaire.

Dans divers pays impérialistes de l’Europe comme en Allemagne, Italie, Suisse et Autriche les gouvernements se voyaient obligés à renoncer à l’énergie nucléaire.

La première campagne politique internationale de l’ICOR contribua considérablement à l’information contre l’utilisation dite pacifique et militaire de l’énergie nucléaire parmi les masses, et les organisations de l’ICOR étaient le noyau dur du mouvement anti-nucléaire dans de nombreux pays. Le Japon participa aussi à cette campagne avec plus de 10 millions de signatures la plus grande collecte de signatures sous une déclaration qui s’inspirait de notre déclaration. La situation au Japon a changé beaucoup. Aujourd'hui 3/4 de la population du Japon sont contre l'énergie nucléaire. Jusqu'à ce jour, le gouvernement n'a pas osé de redémarrer les 56 centrales nucléaires fermées. Ce sont des succès importants.

Cinq :

Pendant les dernières années des situations météorologiques extrêmes et des catastrophes écologiques régionales se sont aggravées à terre, dans l’eau et dans l’air.

Des centaines de milliers d’hommes en étaient touchés corps et âme. Jamais il y a eu un nombre aussi élevé de morts à cause de telles catastrophes.

Le super-typhon Haiyan constitue la culmination dramatique de ce développement menaçant.

Avec une vitesse de vent sans précédent il détruisit toute une ville des Philippines avec 180 000 habitants, et laissa 6 000 à 8 000 morts et disparus. Jusqu'à ce moment, ceci est un cas singulier, mais préfigure la catastrophe écologique planétaire qui menace.

En général, la conscience écologique est aujourd’hui en éveil. Aucun politicien, aucun syndicaliste, aucun gouvernement ne peut se permettre de ne pas parler de l'environnement.

Malgré cela, il faut partir du fait que la problématique écologique est sous-estimée, un fait qui n’est pas non plus surmonté dans le mouvement révolutionnaire et ouvrier international.

Mais c’est encourageant que, par la campagne de l’ICOR, la question écologique est devenue partie intégrante du travail quotidien révolutionnaire parmi les masses pour la première fois dans beaucoup d’organisations membre. Pour beaucoup d'organisations ceci était hors de question jusqu'à présent. Et nous ne sommes pas d'accord dans tous les points, mais nous avons commencé à réfléchir que la tâche révolutionnaire ne comprend pas seulement la question sociale. Nous devons aussi faire quelque chose pour que l'humanité ne périsse pas dans la catastrophe écologique.

Aujourd’hui, le problème principal consiste dans le fait que les bases d’existence de la vie humaine ont tendance à être détruites dans le cadre de la crise écologique planétaire.

C’est d’une importance fondamentale que les partis et organisations révolutionnaires internationales se mettent à la tête de la lutte contre le danger d’une catastrophe écologique planétaire et en font un composant de la stratégie et de la tactique de la révolution démocratique ou bien socialiste.

Six :

Au vu de la crise économique et financière mondiale la lutte pour de nouveaux marchés et de nouvelles zones d’influence s’est également intensifiée entre les impérialistes.

Le danger général de guerre a considérablement augmenté.

C’était le cas lors des bombardements de la Libye par l’OTAN, dans la crise syrienne où surgissaient des contradictions entre l'OTAN et le groupe de Shanghai, ainsi que lors du conflit entre le Japon et la République populaire de Chine au sujet de quelques îles dans la mer de Chine méridionale.

L’Ukraine est l’exemple actuel où il y a d’une part une tendance massive de la part de l’UE de gagner le marché ukrainien pour l’UE et d’intégrer le pays dans l’organisation politique et militaire de l’OTAN. Ceci est un point de départ important de ce conflit.

Dans cet objectif, les impérialistes américains et européens n’avaient pas de scrupules de collaborer même avec des forces les plus réactionnaires et fascistes en Ukraine.

D’autre part Poutine se servait démagogiquement de ce fait pour faire avancer sa politique d’annexion de la Crimée, politique qui avait déjà commencé au cours du conflit avec la Géorgie.

Les contradictions interimpérialistes sont une grave affaire qui provoquent le danger sérieux d'une nouvelle guerre mondiale 100 ans après le début de la Première Guerre mondiale.

Il est d’autant plus important que l’ICOR procède contre toute agression et toute infraction au droit à l’autodétermination des nations par les impérialistes et organise la solidarité ouvrière internationale.

Il y a des discussions à propos de la question quel impérialisme est pire. Ceci peut être important au niveau de la tactique. Mais fondamentalement c'est clair qu'il faut lutter contre toute forme d'impérialisme.

Sept :

Au début de la crise économique et financière mondiale le développement du mouvement ouvrier international se concentrait encore dans l’Europe du Sud où de fortes grèves massives et des manifestations de masse eurent lieu à partir de la Grèce, de l'Italie, de l'Espagne et du Portugal. Au niveau de leur envergure et dureté ils surpassaient toutes les luttes de classe qui eurent lieu en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ensuite la lutte de classe se concentrait plus fortement dans les pays des Balkans, la Bulgarie, la Roumanie et la Bosnie-Herzégovine.

Des grèves ouvrières internationales importantes étaient les grèves autonomes massives des ouvriers du platine en Afrique du Sud en août 2012 à laquelle le gouvernement ANC répondit par un massacre sanglant de 38 mineurs. Et ce massacre est aussi justifié par le ANC et le parti révisionniste au gouvernement. Jusqu'à ce jour des dirigeants de grèves sont arrêtés et détenus.

Plus de 100 000 mineurs en Afrique du Sud y répondirent en se mettant en grève par solidarité avec les ouvriers.

En Amérique latine les luttes des mineurs au Pérou, Chili ou en Colombie se trouvent également au centre.

En Colombie la lutte des mineurs se lie de plus en plus avec la lutte pour la protection de l’environnement naturel en alliance étroite avec la population indigène qui oppose de la résistance à l’expulsion de leurs terres.

Des grèves importantes eurent aussi lieu en République populaire de Chine où il faut surtout souligner la grève chez Foxconn, l’un des producteurs électroniques les plus grands dans le monde. La plus grande usine compte 400 000 ouvriers. Sur ordre de groupes venant du monde entier, on y produit de l'électronique.

En Inde se déroula en février 2012, malgré une interdiction de grèves, une grève politique autonome massive de deux jours contre la législation sur le marché du travail à laquelle participaient 120 millions de travailleurs. Nos organisations de l'ICOR y ont collaboré de façon excellente et furent des stimulateurs pour la première fois ensemble avec des syndicats et leurs confédérations.

Des luttes importantes eurent lieu aussi au Brésil ou en Turquie qui manifestaient un éveil des luttes ouvrières et populaires dans ces pays. Nous allons en savoir plus. Ils font partie des pays MIST et BRICS qui ont avancé un peu au niveau économique. La lutte se développa à partir de questions qui semblent être peu importantes : au Brésil il s'agissait de l'augmentation des prix de bus et en Turquie de la préservation des arbres dans le parque Gezi.

L’ICOR a réussi de s’enraciner plus dans le mouvement ouvrier.

Dans presque tous les pays les organisations ouvrières révolutionnaires participent aux activités de Premier mai.

La 1ère Conférence internationale des mineurs au Pérou couronnée de succès fut un pas important pour coordonner le mouvement combatif des mineurs à l’échelle internationale.

Aussi avec le 7e Conseil international des travailleurs de l’automobile à Munich en 2012 et la préparation d’une conférence internationale des dockers pour 2015, des pas importants furent faits pour coordonner les luttes ouvrières au niveau international.

Huit :

Avec la première Conférence mondiale des femmes de la base au Venezuela a commencé un processus important de mobilisation et d’organisation autonomes de la coordination et coopération internationales du mouvement combatif des femmes de la base. C'est à dire, la conférence ne fut pas organisée par des ONG quelconques ou des organisations gouvernementales mais par la base.

Dans de nombreux pays on peut constater que ces activités internationales enrichissent aussi le mouvement de la femme dans les différents pays et ont facilité son essor.

Il y a des rapports venant de nombreux pays que les journées communes de lutte pour la libération de la femme le 8 mars ainsi que de la lutte contre la violence contre les femmes le 25 novembre sont devenues des événements importants internationaux attirant beaucoup d’attention du public. Ce sont des succès importants des dernières années qui sont en rapport avec notre travail, pas exclusivement, mais aussi. Car le domicile des femmes militantes est l'ICOR.

En même temps s'est améliorée la situation de départ pour la prochaine conférence mondiale des femmes qui aura lieu en 2016 à Katmandou.

Neuf :

L’ICOR a soutenu la lutte pour le droit à l’autodétermination des peuples et nations en particulier dans la campagne pour le Rojava où une lutte exemplaire se déroule pour la liberté et la démocratie contre les divers courants réactionnaires en Syrie.

Chers camarades, femmes et hommes !

Ces tâches politiques ont pu bien servir à la construction des organisations de l’ICOR.

Néanmoins le rapport d’activité de l’ICC a exposé que la construction de l’ICOR est encore à ses tout premiers débuts et qu’il nous faut encore apprendre plus à savoir nous y prendre correctement avec nos principes dans la pratique. Il n'est
pas facile de construire quelque chose de nouveau.

Surtout, il était très important d’apprendre à appliquer correctement l’idée de l’ICOR dans la pratique politique commune.

D’une part, il y a une plate-forme politique commune de l’ICOR, une plate-forme minimale, d’autre part il y a aussi des conceptions différentes ainsi que des divergences d’opinion tactiques et aussi des priorités politiques différentes dans les pays individuels.

Organiser correctement l’unité et la lutte des contraires était l’une des conditions les plus importantes pour la coordination et la coopération internationales visant la pratique politique commune.

C’est de la plus grande importance que nous avons réussi à renforcer nos structures de l’ICOR au niveau continental. Aujourd'hui nous avons quatre comités continentaux : en Asie, en Amérique, en Europe et depuis une demie année en Afrique. L'Australie nous manque encore, mais nous y travaillons.

Car faire converger la pratique au-delà des frontières réussira mieux et plus vite au niveau continental.

Ici, il est aussi plus facile de compenser les différences entre les organisations plus fortes et plus faibles. Il faut apprendre à maîtriser cette dialectique aussi. Il n'y a pas beaucoup de grandes organisations dans l'ICOR. Surtout en Europe nous avons beaucoup de petites organisations. Dans ce contexte, une responsabilité particulière incombe aux organisations plus grandes. Il ne faut pas seulement penser à renforcer sa propre organisation. L'idée de l'ICOR est une idée internationale.

En même temps, il s’est montré que tout le travail dépend de la solution de la question des cadres et celle des finances.

Quant à la question des cadres il s’agit surtout de mettre encore plus de forces à la disposition du travail dans l’ICOR auprès des organisations de l’ICOR.

Une grande partie du travail central de l’ICOR repose, aujourd’hui encore sur très peu d’épaules.

La plupart des organisations ne disposent que de très faibles possibilités financières ce qui est dû en partie aux conditions objectives, mais en partie aussi à l’état de la construction du parti dans ces pays.

Néanmoins les premières activités internationales de collecte de dons pendant la campagne de l'ICOR a procuré une certaine détente de la situation financière.

Mais elle n’a pas encore pu résoudre les problèmes financières de l'ICOR durablement.

À cette fin, il faut une politique financière systématique de toutes les organisations de l'ICOR pour financer les tâches continuellement en cours et pour les rendre possibles.

Un grand atout de la construction de notre organisation est l'indépendance financière que l'ICOR pratique à l'égard de ses propres organisations, mais aussi à l'égard de toutes les activités soutenues par l'ICOR.

Sans indépendance financière il n'y a pas d'indépendance idéologico-politique et d'organisation !

Nous ne pouvons pas nous rendre sous une dépendance, même pas au sein de l'organisation. Nous ne pouvons pas nous habituer à ce que les moyens financiers sont seulement fournis par certains pays que l’on ne veut alors plus critiquer, parce qu'ils ont donné l'argent. C'est un problème important. Mais nous avons aussi fait du progrès. Les questions des finances et celle des cadres se sont développées.

Ces enseignements de la dégénérescence révisionniste de beaucoup de partis de l'ancien mouvement communiste doivent être défendus et développés.

Mais nous devons aussi nous rendre compte que nous devons renforcer beaucoup plus le soutien mutuel dans la construction de parti en plus des tâches politiques.

Cela se réfère aussi bien aux activités de soutien immédiat de certains partis et organisations qu’aux activités politiques, comme cela fut le cas par exemple dans la campagne du Rojava. Ceci est tout à fait évident. Nous ne pouvons pas abandonner les organisations kurdes et le peuple kurde. Pendant la guerre civile espagnole les brigades internationales furent créées. C'était une lutte modèle pour toute l'idée de la solidarité prolétarienne internationale et pour l'ICOR.

Nous devons nous rendre compte que le développement de l'ICOR repose sur le renforcement de ses organisations membre et la conquête de nouvelles organisations membre pour l'ICOR.

Il faut saluer le fait que l’on soit convenu que suite à la 2e Conférence mondiale un premier séminaire international de l'ICOR aura lieu sur le travail théorique des organisations membre respectives.

L'intérêt pour cela est très grand.

Cela montre qu’à l'avenir surtout la coopération dans les questions idéologico-politiques de la construction de parti doit jouer un rôle plus grand.

Le travail de l’ICOR exige une nouvelle qualité de l'internationalisme prolétarien en théorie et en pratique.

C'est tout simplement une grande différence si on pratique la solidarité internationale comme organisation individuelle ou si on est aussi membre d'une organisation internationale qui défend certains droits et devoirs et qui est active comme organisation. Comme Marx l'a dit: la nouvelle qualité de l'internationalisme prolétarien est un saut qualitatif. Cela exige aussi un saut de conscience.

Ce saut qualitatif dans l'internationalisme prolétarien doit être réalisé consciemment dans toutes les organisations et aura en conséquence ses effets idéologico-politiques et pratiques.

Exploiter comment ce saut qualitatif depuis la fondation de l'ICOR fut mis en pratique est certainement un sujet essentiel du débat de cette 2e Conférence mondiale.

 

Chers camarades, femmes et hommes !

Bien entendu, le comité de coordination international élu par la 1e Conférence mondiale a fait des expériences très importantes dont il faut faire le bilan lors de la 2e Conférence mondiale afin d’en tirer des conclusions appropriées pour le développement du travail. Depuis sa fondation l'ICOR s’est clairement accrue de 12,5 % et d'autres organisations sont intéressées à s’affilier.

Une grande partie de l'activité de l’ICC a dû être consacré à s’accorder sur les principes de l'ICOR en théorie et en pratique et à les remplir de vie pratique.

 

La 2e Conférence mondiale a la tâche de recevoir le rapport d’activité du premier ICC élu et d'élire un nouvel ICC et de lui assigner de nouvelles tâches à appliquer.

L'ICOR est une organisation de la coopération pratique de partis et organisations différents et autonomes révolutionnaires.

La 2e Conférence mondiale contribuera sans doute à renforcer le rapprochement idéologico-politique, nécessaire pour augmenter l’efficacité et l'attrait de l'ICOR.

La plate-forme idéologico-politique commune se développera progressivement en théorie et pratique. À cette fin, nous avons besoin de beaucoup de patience. Ce n'est pas un problème si des choses ne sont pas clarifiées tout de suite. Ce n'est pas non plus vrai qu'il y a certaines organisations qui ne peuvent plus rien apprendre. Chacun doit apprendre. Celui qui est le plus ouvert pourra faire son travail le mieux.

Dans ce sens la méthode des 28 résolutions adoptées était une bonne méthode qu'il faut développer systématiquement aussi après la 2e Conférence mondiale.

La 2e Conférence mondiale ne résoudra ses tâches que si elle est inspirée par une culture du débat démocratique qui part du respect mutuel, de l'égalité des droits, de la propre initiative démocratique et de l'idée de l'unité du mouvement révolutionnaire et ouvrier international.

À ce point je remercie tous les camarades qui ont rendu possible cette rencontre mondiale par leurs grands efforts altruistes idéologico-politiques, organisateurs, financiers au nom du Comité de coordination international.

Je déclare ouverte la 2e Conférence mondiale de l'ICO


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