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Le caractère international de la Révolution d’Octobre

J. W. Staline, 1927

Le caractère international de la Révolution d’Octobre – 1927

Pour le dixième anniversaire d’Octobre (raccourci)

 

On ne saurait considérer la Révolution d’Octobre uniquement comme une révolution « dans le cadre national ». Elle est avant tout une révolution d’ordre international, mondial, car elle marque dans l’histoire universelle un tournant radical, opéré par l’humanité, du vieux monde, capitaliste, vers le monde nouveau, socialiste.

Autrefois les révolutions se terminaient d’habitude par la substitution, au gouvernail de l’Etat, d’un groupe d’exploiteurs à un autre groupe d’exploiteurs. Les exploiteurs changeaient, l’exploitation demeurait. Il en fut ainsi au cours des mouvements d’émancipation des esclaves. Il en fut ainsi dans la période des soulèvements de serfs. Il en fut ainsi dans la période des « grandes » révolutions que l’on sait, en Angleterre, en France, en Allemagne. Je ne parle pas de la Commune de Paris, qui fut la première tentative glorieuse, héroïque, mais cependant infructueuse, du prolétariat pour faire marcher l’histoire contre le capitalisme.

La Révolution d’Octobre se distingue de ces révolutions dans son principe. Elle se propose non de remplacer une forme d’exploitation par une autre forme d’exploitation, un groupe d’exploiteurs par un autre groupe d’exploiteurs, mais de supprimer toute exploitation de l’homme par l’homme, de supprimer tous les groupes d’exploiteurs, quels, qu’ils soient, d’instaurer la dictature du prolétariat, d’instaurer le pouvoir de la classe la plus révolutionnaire parmi toutes les classes opprimées qui ont existé jusqu’à ce jour, d’organiser une société nouvelle, la société socialiste sans classes.

C’est précisément pour cela que la victoire de la Révolution d’Octobre marque un tournant radical dans l’histoire de l’humanité, un tournant radical dans les destinées historiques du capitalisme mondial, un tournant radical dans le mouvement de libération du prolétariat mondial, un tournant radical dans les procédés de lutte et les formes d’organisation, dans la manière de vivre et les traditions, dans la culture et l’idéologie des masses exploitées du monde entier.

C’est là la raison pour laquelle la Révolution d’Octobre est une révolution d’ordre international, mondial.

C’est également là l’origine de la sympathie profonde que les classes opprimées de tous les pays nourrissent à l’égard de la Révolution d’Octobre, dans laquelle elles voient le gage de leur libération.

On pourrait signaler une série de problèmes essentiels dans le domaine desquels la Révolution d’Octobre exerce son action sur le développement du mouvement révolutionnaire dans le monde entier.

1. La Révolution d’Octobre a tout d’abord ceci de remarquable qu’elle a percé le front de l’impérialisme mondial, jeté bas la bourgeoisie impérialiste dans un des plus grands pays capitalistes, et porté au pouvoir le prolétariat socialiste.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la classe des salariés, la classe des persécutés, la classe des opprimés et des exploités, s’est élevée à la situation d’une classe dominante, gagnant par son exemple les prolétaires de tous les pays.

C’est dire que la Révolution d’Octobre a inauguré une nouvelle époque, l’époque des révolutions prolétariennes dans les pays de l’impérialisme.

Elle a enlevé aux grands propriétaires fonciers et aux capitalistes les instruments et moyens de production et les a transformés en propriété sociale, opposant ainsi à la propriété bourgeoise la propriété socialiste. Par là même, elle a démasqué le mensonge des capitalistes qui prétendent que la propriété bourgeoise est inviolable, sacrée, éternelle.

Elle a arraché le pouvoir à la bourgeoisie, elle l’a privée des droits politiques, elle a démoli l’appareil d’État bourgeois et transmis le pouvoir aux Soviets, opposant ainsi au parlementarisme bourgeois, démocratie capitaliste, le pouvoir socialiste des Soviets, démocratie prolétarienne. Lafargue avait raison lorsqu’il disait, déjà en 1887, qu’au lendemain de la révolution « tous les ex-capitalistes seraient privés de droits électoraux ».

Par là même, la Révolution d’Octobre a démasqué le mensonge des social-démocrates qui prétendent que maintenant le passage pacifique au socialisme par le parlementarisme bourgeois est possible.

Mais la Révolution d’Octobre ne s’est pas arrêtée et ne pouvait s’arrêter là. Ayant détruit l’ordre de choses ancien, bourgeois, elle s’est mise à construire l’ordre de choses nouveau, socialiste. Les dix années de la Révolution d’Octobre sont dix années de construction du Parti, des syndicats, des Soviets, des coopératives, des organisations culturelles, des transports, de l’industrie, de l’Armée rouge. Les succès incontestables du socialisme en U.R.S.S. sur le front de construction ont démontré nettement que le prolétariat peut gouverner avec succès le pays sans la bourgeoisie et contre la bourgeoisie ; qu’il peut édifier avec succès l’industrie sans la bourgeoisie et contre la bourgeoisie ; qu’il peut diriger avec succès toute l’économie nationale sans la bourgeoisie et contre la bourgeoisie ; qu’il peut édifier avec succès le socialisme, malgré l’encerclement capitaliste. [...]

 

Pravda n°255, 6-7 novembre 1927

 

(Staline, « Le caractère international de la Révolution d’Octobre – 1927 », Œuvres, t. X , Internet : http://marxiste.fr/staline/stal7.html)

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