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Des leçons Bolcheviques sur la pratique de l’insurrection révolutionnaire

Discours d'introduction du bloc 3, Abou Tarik Maroc, 28 octobre 2017

 

Engels a écrit dans son ouvrage Anti Duehring que : la violence joue encore dans l’histoire un autre rôle, un rôle révolutionnaire ; que, selon les paroles de Marx, elle soit l’accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flancs ; qu’elle soit l’instrument grâce auquel le mouvement social l’emporte et met en pièces des formes politiques figées et mortes. »

 

Lénine s’inspirait des écrits de Karl Marx et de Frédéric Engels lorsqu’il a déclaré que : « Les grands problèmes de la vie des peuples ne sont tranchés que par la force »

 

Sur la base de cette logique révolutionnaire et à partir de la pratique révolutionnaire des Bolcheviks sous la direction de Lénine, nous récoltons des leçons inédites au sujet de l’insurrection armée, ainsi, notre débat au sein de cette séance sera axé sur les quartes leçons de pratique révolutionnaire suivantes :

 

1 – la stratégie et tactiques de l’insurrection armé ;

 

2 – les rapports entre la révolution démocratique et la révolution socialiste ;

 

3 – la flexibilité dans la tactique de combat ;

 

4 – les formes d’organisations et les mots d’ordre.

 

Les quatre thèmes choisis peuvent paraître contradictoires, mais en réalité ils forment une unité dialectique et organique sur trois niveaux :

 

1 – les quatre thèmes constituent des composantes nécessaires de la stratégie et tactique de la guerre des classes ;

 

2 – les quatre thèmes constituent des tâches pratiques des militants révolutionnaires durant l’insurrection armée.

 

3 – les quatre thèmes exigent des formes d’organisations bien adaptées à la situation politique concrète et s’appuyant sur un programme politique bien précis, et sur une analyse concrète de la situation concrète.

 

La stratégie et tactiques de l’insurrection armée

 

Le déroulement de l’expérience Bolchevique depuis la création du parti social-démocrate russe, nous rappelle à travers l’ouvrage de Lénine « Que faire ? 1902 » une première étape de leur stratégie, se résumant en la construction du parti de classe de type nouveau et l’adhésion de nouveaux militants membres à travers une démarche de propagande et d’agitation, suivant une tactique remplissant des activités ordinaire, courante, quotidienne, et préparant ainsi les forces, et approfondir le mouvement, etc.

 

Cette première étape va bientôt céder la place à une nouvelle étape qui trouve son point culminant en 1905, ou se produit une cumule du travail politique du parti au sein des masses ouvrières et paysannes. Ce développement subjectif du parti se fasse en parallèle avec un développement objectif des crises économique et sociale dans toute la Russie aggravées par la défaite de cette dernière devant l’armée japonaise. Donc, c’est une étape d’une crise révolutionnaire aigue qui se développait rapidement et qui a suscité des émeutes et des insurrections de masses (les émeutes de janvier et février 1905). Le troisième congrès du parti ouvrier social-démocrate russe tenu à Londres en mois de mai 1905, a bien mis l’accent sur la nouvelle vision stratégique et tactique en réponse à cette nouvelle situation. L’ouvrage de Lénine « Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique » défend bien la stratégie et la tactique suivies par les Bolcheviks durant la révolution de 1905 surtout les insurrections du mois d’octobre et de décembre.

 

La même vision de la stratégie et de tactique de l’insurrection armée élaboré par le troisième congrès en 1905 sera approfondie et suivi durant la révolution d’Octobre 1917, ce qui a donné des résultats éclatantes.

 

Ce premier thème de ce bloc 3 peut soulever plusieurs points d’interrogation chez les intervenants, en voici quelques uns :

 

1 – En quelle situation concrète une telle stratégie et tactique de l’insurrection armée devra être mené avec succès par un parti révolutionnaire ?

 

2 – Jusqu’à quel degré la stratégie et tactique Bolchevique de l’insurrection armée a-t-elle réussi en octobre 1917 ?

 

3 – Est-ce que les partis et organisations révolutionnaires de nos jours peuvent adopter la même stratégie et tactiques, en prenant compte de l’évolution technique et industrielle de l’armement et de la force de répression de l’ennemi de classe ?

 

Les intervenants sont appelés à approcher le sujet par leurs différents point de vue.

 

Les rapports entre la révolution démocratique et la révolution socialiste

 

Dans son ouvrage « Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique » Lénine rappelle une mise en garde de Marx disant : « La faillite politique guette le socialiste qui confondrait la lutte petite-bourgeoise pour une révolution démocratique complète avec la lutte prolétarienne pour la révolution socialiste », puis il a ajouté : « Par contre, notre mot d’ordre : dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie nous prémunit entièrement contre cette faute. Reconnaissant comme certain le caractère bourgeois d’une révolution qui n'était pas capable de sortir directement du cadre d'une révolution simplement démocratique, notre mot d'ordre pousse en avant cette révolution-là; il s'attache à lui conférer les formes les plus avantageuses au prolétariat ; il s'attache, par conséquent, à utiliser au maximum la révolution démocratique en vue de mieux assurer le succès de la lutte ultérieure du prolétariat pour le socialisme ».

 

D’après cette citation, Lénine distingue nettement la révolution démocratique petite-bourgeoise de la révolution socialiste prolétarienne, mais en même temps la stratégie et tactique révolutionnaire Bolchevique a bien mis une conjonction entre les deux révolutions,

en mettant l’une (la révolution démocratique) en tant qu’une condition causale de l’autre (la révolution socialiste). Et pour y mettre, Lénine exige d’établir une alliance étroite entre le prolétariat et les paysans pauvres, qui sont les bénéficiaires directes de cette révolution démocratique, et à partir de la les prolétaires peuvent réussir leur révolution socialiste.

 

Cette vision était claire dans les écrits de Lénine depuis la révolution de 1905, et puis à travers un processus de maitrise de cette vision et son approfondissement, les militants Bolcheviques ont pu gagner leur révolution socialiste d’Octobre 1917.

 

Là aussi plusieurs questions peuvent être posées et débattues par les intervenants :

 

1 – pourquoi cette insistance sur le passage nécessaire par une révolution démocratique bourgeoise avant d’entamer la révolution socialiste ?

 

2 – Est-ce que cette stratégie et tactique est une histoire spécifique à la situation concrète de la Russie de cette époque ou on a voulu se débarrasser tout d’abord de l’autocratie et du féodalisme et du servage avant de faire le révolution socialiste ; ou bien on peut la considérer comme une loi universelle qu’on peut appliquer sur la situation des différents pays d’aujourd’hui ?

 

Les intervenants peuvent donner leur point de vue sur la question.

 

La flexibilité dans la tactique de combat

 

En tant qu’admirateur des écrits de Carl von Clausewitz sur la guerre, Lénine appliquait considérablement sa thèse qui disant que « la guerre est une simple continuation de la politique par d’autres moyens » ; car durant les affrontement de la lutte de classe, les dominants emploient toutes leurs forces répressives humaines et tous leurs moyens techniques et matériels pour casser et opprimer toutes revendications démocratiques des prolétaires et des paysans pauvres. Le déroulement des confrontations et des escarmouches entre les forces déséquilibrées des deux classes exigeait une tres grande flexibilité dans la tactique prolétarienne, et cela entre dans le domaine de l’art de la guerre en parfaite concordance avec le matérialisme dialectique et la science marxiste-léniniste.

 

Voici des exemples de questions qui se soulèvent ici et méritent un débat :

 

1 – Y a-t-il des situations concrètes qui ont exigé aux révolutionnaires Bolcheviques d’user de la flexibilité de la tactique durant la révolution d’Octobre pour arriver à leurs fins ?

 

2 –Quel rôle a pu jouer la notion de la nécessité et du hasard dans le choix et la flexibilité dans la tactique de combat durant l’insurrection armée d’octobre 1917 ?

 

D’autres questions et d’autres réponses peuvent être soulevées par les différents intervenants ?

 

Les formes d’organisations et les mots d’ordre

 

Staline a évoqué dans ses interventions en 1923 devant des clubs d’ouvriers et d’étudiants communistes à l’université, sous le thème : « la stratégie et la tactique des communistes russes », que durant la guerre de classe il faut user de toutes formes d’organisations possibles et les adapter à la situation concrète. Donc les formes d’organisations qui se changent d’après les formes de luttes concrètes.

 

Pour Staline soit dans le domaine politique ou dans le domaine militaire, il faut toujours adapter l’organisation choisie aux formes de la lutte. Et dans ce cas il y a une multitude de choix tel que les organisations clandestines de révolutionnaires professionnels sous des régimes tyranniques ; ou des organisations éducatives, syndicales, coopératives et parlementaires ; des comités d'usine, des comités de paysans, des comités de grèves, des comités de députés ouvriers et soldats, des comités militaires révolutionnaires. Le parti prolétarien révolutionnaire peut réunir toutes ces formes d'organisation, surtout dans la période des actions de masse et des insurrections.

 

Telles sont, pour l'essentiel, les formes d'organisation sur lesquelles le prolétariat en lutte contre la bourgeoisie dominante sans partage peut et doit s'appuyer dans des conditions données.

 

Staline a insisté sur le fait que le Parti devrait s'assimiler toutes ces formes d'organisation, de les porter à leur perfection et de combiner judicieusement leur activité à tout moment.

 

D’autre part, Staline a évoqué la grande importance de bien formuler les mots d’ordre à travers des décisions traduisant les buts de l’insurrection et de la guerre de classe ou de la confrontation.

 

Le mot d'ordre selon Staline est l'énoncé clair et concis des buts de la lutte, immédiats ou lointains, donné par un groupement dirigeant. Les mots d'ordre diffèrent selon que les objectifs de la lutte embrassent soit toute une période historique, soit certaines phases ou certains épisodes de cette période.

 

Plusieurs questions concernant les formes d’organisation et des mots d’ordre peuvent être soulevés et débattues par les intervenants de ce bloc.

 

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