Vous êtes ici : Accueil / 2017 / Séminaire 100 ans Octobre Révolution - Bloc thématique 3 / L'INTERNATIONALE COMMUNISTE, LES FORCES ARMÉES BOURGEOISES ET LE TRAVAIL EN LEUR SEIN POUR L'INSURRECTION

L'INTERNATIONALE COMMUNISTE, LES FORCES ARMÉES BOURGEOISES ET LE TRAVAIL EN LEUR SEIN POUR L'INSURRECTION

Parti Communiste de Colombie - Maoïste (PCC-M), Partido Comunista de Colombia-Maoista) - Message n° A08 pour le «Débat international sur Internet à propos de l'importance du Centenaire de la révolution d'Octobre» - Août 2017


L'armée impériale de la Russie tsariste dut maîtriser sa participation à la Première Guerre mondiale sous des conditions assez difficiles quant à la technique de combat et des millions de paysans contraints à combattre sans ou avec peu de préparation. Des millions y ont trouvé la mort, furent blessés ou capturés. Et la propagande pour la révolution, accompli au front militaire, contribua à sa désintégration. Une partie ne s'opposa pas aux insurgés en février 1917 ou les soutint, et il en fut de même en octobre.

 

Partant de cette expérience révolutionnaire, l'Internationale Communiste (IC) orienta les Partis révolutionnaires à ce que la voie de la préparation de l'insurrection exige un travail dans l'armée réactionnaire afin de la diviser, la démoraliser et d'en attirer une partie vers la révolution. Et de construire un appareil parallèle au Parti. En Amérique latine, cette orientation ne fut pas remplie intégralement. C'est parque les européens, dans une première période après les guerres d'indépendance du 19ème siècle, travaillaient pour mettre sur pied des armées modernes ; mais ce fut l'impérialisme US qui forma directement les officiers de haut et moyen rang dans les armées des États d’Amérique latine et les transformaient en armées professionnelles avec une conception idéologique opposée aux luttes du peuple. En 30 ans seulement, entre 1950 et 1980, 64.000 officiers et soldats furent formés sur des bases militaires desÉtats-Unis et du Panama.

L’expérience de la révolution cubaine fut cette voie de l'armée rebelle de Fidel et de "Ché" qui combattit l'armée réactionnaire de Fulgencio Batista jusqu'à sa désintégration avec la victoire de la révolution en 1959.

 

Cela fut comme ça aussi dans la révolution nicaraguayenne. Les forces du Front de Libération National Sandiniste (FSLN) combattirent les troupes d'Anastasio Somoza jusqu'au bout, dans l'insurrection de Managua de 1979.

 

Dans le cas de la Colombie, après 60 ans de guerre, les guérilleros on battu l'armée officielle. En 1998, la guérilla des FARC était proche de la victoire. Mais après l'offensive du gouvernement, elle fut contrainte à la défensive et dut signer fin 2016 un accord de paix avec le gouvernement. Dans le cas de l'ELN (l'Armée de Libération Nationale), l'expérience montre que celle-ci n'a pas non plus essayé d'organiser un travail dans l'armée de la réaction.

 

A El Salvador et au Guatemala c'était plus ou moins la même chose. Il y a des exemples comme celui de Jacobo Arbenz du Guatemala, appelé "militar del pueblo" (le soldat du peuple). Avec des parties de l'armée, il promut une insurrection armée qui fut soutenu en 1944 par le PC du Guatemala. Mais ils ne réussirent pas la prise de pouvoir. Arbenz fut élu président en 1951.

 

L'exemple le plus emblématique quant à l'orientation de la CI sur un travail dans l'armée visant l'insurrection, fut l'insurrection échouée des communistes au Brésil en 1935. Là, les communistes lancèrent une insurrection ensemble avec des parties de l'armée officielle, pensant que celai serait possible, en présumant qu'elle aura lieu selon le "schéma d'insurrection de la révolution d'Octobre", avec la prise des positions clés du pouvoir. Et puisque, selon les délégués de la CI et du PCB (Parti Communiste du Brésil), le Brésil était un pays semi-féodal, les paysans allaient adhérer immédiatement la révolution et s'emparerait du pouvoir dans l'ensemble du pays. La direction de l'insurrection ne voyait pas que l'armée du Brésil disposait déjà d'une structure militaire moderne avec un esprit de corps dans le pays entier et que ce n'était pas la voie à prendre. En jours, ils furent vaincus.

 

Le cas du Chili pendant le gouvernement d'Allende montre avec le putsch de 1973 que l'armée s'était mise du coté du fascisme. Dans le cas du Venezuela, une partie de l'armée était du coté de Chavez avant qu'il fut président de la République et quand il fut président, l'armée le soutenait. Et il est possible qu'il y aura des confrontations en ces temps, et au moment d'une action plus violente commise par l'opposition, on verra de quel coté elle est. En tout cas, les milices sont formées par l'armée. Le cas du Venezuela mérite notre attention.

 

Par conséquent, un enseignement de la révolution d'Octobre socialiste de 1917 est que la construction des forces politiques et armées pour la révolution ne peut pas appliquer la politique et les méthodes qui servaient à la "voie d'Octobre", qu'elles ne servaient pas à l'Amérique latine parce que les révolutions ne peuvent être "ni l'imitation ni la copie" d'une révolution (Mariategui), et ceci d'autant moins par rapport à la révolution russe, qui eut lieu sous des "conditions exceptionnelles", comme dit Lénine. Il faut étudier les exemples de la révolution mexicaine, la « Colonne Prestes » au Brésil et la révolution cubaine.

 Télécharger en PDF

Actions sur le document