Déclaration du Comité Central

Session du camarade "Moncef TBIB"

Parti Patriotique Démocratique Socialiste – Comité Central Secrétaire Général : Nouri Bettoumi, 

Le Comité Central du Parti Patriotique Démocratique Socialiste s’est réuni lors de la session du camarade "Moncef TBIB" les 5 et 6 juillet au siège central du Parti à Tunis, dans une conjoncture historique délicate marquée par des évolutions mondiales majeures, l’approfondissement des contradictions de classe et sociales, et la montée des formes de résistance populaire à travers le monde. Il a examiné les développements de la situation internationale, arabe et nationale, et défini les tâches de la période. Après discussion, le Comité Central:

1) Constate l’aggravation de la crise cyclique du capitalisme mondial, entrée dans une nouvelle phase de récession, comme l’indiquent les chiffres relatifs à la croissance mondiale en 2025, la désorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales et la dégradation des échanges commerciaux due aux guerres impérialistes croissantes. Ces crises ne sont pas conjoncturelles, mais traduisent les contradictions inhérentes au mode de production capitaliste mondial, et indiquent un glissement progressif du rapport de force en faveur des peuples et des classes laborieuses.

2) Dénonce les politiques d’escalade militaire impérialiste, de l’Ukraine au Moyen-Orient, où les États-Unis et leurs alliés utilisent les armes, le blocus et les financements pour perpétuer leur domination. Elle condamne particulièrement l’agression américano-sioniste contre l’Iran et salue la résistance héroïque du peuple iranien qui a infligé de lourdes pertes à l’ennemi.

3) Salue la résistance palestinienne héroïque dans la bande de Gaza et dans toute la Palestine historique, qui mène depuis des mois une lutte légendaire contre la machine de guerre sioniste soutenue par les puissances coloniales occidentales et les régimes arabes réactionnaires. Elle valorise les initiatives de solidarité visant à briser le blocus de Gaza, notamment la caravane tuniso-maghrébine, la Flottille de la liberté et la Marche mondiale pour Gaza, et appelle à leur généralisation, renforcement populaire, médiatique et diplomatique, afin d’exposer les crimes de l’occupation et de l’isoler, tout en poursuivant le combat pour une loi criminalisant toute forme de normalisation avec l’entité sioniste.

4) Dénonce l’occupation tripartite sioniste-américaine-turque de la Syrie, qui en a fait un champ de ruines et de chaos, s’inscrivant dans le plan de démantèlement du « Nouveau Moyen-Orient » et de liquidation des fronts de résistance, avec la dérive vers la normalisation de groupes terroristes occupant encore le pays. Elle rejette également la poursuite des agressions sionistes contre le Liban, Gaza et le Yémen, et salue la lutte héroïque de la résistance yéménite.

5) Condamne la guerre réactionnaire au Soudan, alimentée par des acteurs locaux manipulés par des puissances coloniales en conflit pour le pillage des richesses et la destruction de l’État. Elle appelle à un cessez-le-feu immédiat et à ce que le peuple soudanais détermine librement son destin, à l’abri de toute ingérence étrangère.

6) Salue les mouvements populaires et ouvriers qui se multiplient dans le monde, des soulèvements dans les universités américaines en solidarité avec la Palestine aux grandes grèves en Europe, jusqu’aux révoltes de la faim en Afrique. Ces mouvements expriment une nouvelle phase de rébellion mondiale contre le capitalisme et l’impérialisme. Elle appelle à renforcer les réseaux entre les forces progressistes et révolutionnaires en Tunisie, dans le monde arabe et internationalement pour accomplir les tâches de libération nationale et instaurer le socialisme scientifique, jusqu’à la dictature du prolétariat.

Sur le plan national, le Comité Central :

7) Appelle à poursuivre la lutte révolutionnaire pour établir la souveraineté nationale dans toutes ses dimensions, réaliser la justice sociale et défendre les intérêts des masses populaires opprimées dans leur combat contre la misère et l’injustice de classe.

8) Réaffirme sa position constante sur la centralité de la question nationale dans toute pratique militante et considère que la libération nationale du joug du néocolonialisme demeure la tâche essentielle des révolutionnaires.

9) Rejette et s’oppose aux tentatives de la "coalition d'opposition" réactionnaire liée organiquement — par les financements — à l’Union européenne, aux États-Unis, aux pays du Golfe et à la Turquie, de restaurer l’ordre de la prétendue « transition démocratique » au service de leurs intérêts hostiles au peuple et à la patrie.

10) Tout en exigeant l’abrogation ou la révision du décret-loi 54 pour garantir la liberté d’expression et de critique, elle distingue clairement entre les victimes d’affaires d’opinion et les coupables de corruption ou de terrorisme.

11) Estime que la crise que traverse le pays n’est ni technique ni conjoncturelle, mais structurelle et enracinée dans la nature du régime toujours soumis aux cercles financiers impérialistes, responsable de politiques d’austérité, de chômage massif, de destruction des services publics et de la baisse du pouvoir d’achat. Même les réformes proposées aujourd’hui — comme la régularisation des dossiers des jeunes médecins, des ouvriers de chantiers, des enseignants suppléants, ou l’interdiction de la sous-traitance — demeurent partielles, sélectives, et sans impact réel sur le modèle capitaliste dépendant. Elles ne visent qu’à désamorcer la colère sans projet de transformation radicale. Le seul horizon reste la poursuite du processus révolutionnaire vers une révolution nationale démocratique à vocation socialiste, rompant clairement avec l’exploitation et l’occupation, et construisant une Tunisie nouvelle, libre et souveraine, fondée sur la démocratie populaire et les droits sociaux et économiques.

12) Réaffirme son attachement à l’unité de tous les patriotes démocrates, et appelle à une préparation sérieuse de la prochaine conférence nationale pour la construction du parti révolutionnaire de la classe ouvrière, des paysans, des travailleurs et des intellectuels engagés dans la voie du socialisme.