Katmandou, Népal

Résolution finale de la 2e Conférence des femmes de l'ICOR

ICOR, 
Résolution finale de la 2e Conférence des femmes de l'ICOR

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR s'est tenue le 26 novembre à Katmandou, au Népal, avec la participation de 73 femmes issues de 14 pays et de 17 organisations. Cette conférence était dédiée à toutes les femmes du monde qui ont consacré leur vie à la lutte pour la liberté et le socialisme. Elle a rendu hommage aux sœurs Mirabal, symboles de la lutte contre la violence envers les femmes, ainsi qu'aux femmes de la Palestine, du Rojava, du Soudan et de nombreux autres pays où les femmes subissent particulièrement les effets de la violence patriarcale, institutionnalisée par le capitalisme, et de la guerre.

Dans une ambiance de camaraderie, empreinte d'une culture de solidarité et de débat constructif, la conférence a abordé les réalités de la vie des femmes, ainsi que la double exploitation et oppression auxquelles elles font face à la lumière des développements politiques, économiques et sociaux actuels. La conférence a examiné les perspectives et les tâches des partis et organisations révolutionnaires et communistes dans la lutte pour la libération des femmes et le socialisme.

La conférence s'est déroulée dans un contexte de bouleversements politiques profonds. La situation de crise du système impérialiste mondial conduit à des préparatifs de guerre massifs sur tous les fronts, à une propagation croissante du fascisme et à une vague de paupérisation qui touche les peuples du monde entier. Dans plusieurs pays, la montée du fascisme est liée à la montée des forces politiques religieuses fondamentalistes, qui promeuvent les structures familiales et les idées les plus réactionnaires concernant la vie des femmes. Ces développements ont un impact significatif sur la vie, les conditions de travail, la sécurité et la dignité des femmes.

Le génocide à Gaza a mis la question de la liberté de la Palestine au centre de l’agenda politique mondial et a révélé l’impérialisme sous ses formes les plus extrêmes. Les femmes du monde entier participent activement à la polarisation contre le sionisme et le colonialisme dans la lutte pour la liberté de toute l'humanité. Les guerres injustes et impérialistes qui dévastent l'Ukraine, le Moyen-Orient et l'Afrique, comme au Congo, au Soudan et en Libye, ainsi que les agressions impérialistes et les interventions militaires [, dont la plus récente est l'agression américaine contre le Venezuela,] annoncent la possibilité d’une troisième guerre mondiale de partage.

En plus de l'exploitation et de l'oppression quotidiennes causées par le capitalisme et le patriarcat, les femmes au Soudan souffrent énormément en raison des conditions concrètes de la guerre réactionnaire, alimentée par les interventions impérialistes. Les femmes soudanaises sont confrontées à une forme particulière d'oppression sous le régime islamique et les groupes militaires soutenus par les Émirats arabes unis. La conférence a souligné la nécessité de sensibiliser l'opinion publique à la situation des femmes migrantes, en particulier en Europe mais aussi dans le monde entier, car elles sont confrontées à des formes d'oppression sévères. En même temps, la catastrophe environnementale causée par le mode de production capitaliste s'intensifie, atteignant un point où elle représente des menaces existentielles pour l'humanité et la planète.

Le fascisme est en hausse dans le monde entier, attaquant les acquis démocratiques des femmes. Cependant, nous assistons également à des bouleversements révolutionnaires, à des luttes ouvrières, à des soulèvements spontanés et à diverses formes de résistance contre les conditions actuelles. Les partis et organisations révolutionnaires jouent un rôle crucial dans la lutte contre le capitalisme et l'impérialisme, ainsi que pour une révolution socialiste internationale et la libération des femmes.

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR a mis en lumière la grande responsabilité des partis et organisations marxistes-léninistes, marxistes-léninistes-maoïstes, communistes et révolutionnaires dans la lutte pour la libération des femmes. Elle a également permis de partager des expériences précieuses entre différentes organisations. Face à l'aggravation de la crise impérialiste, la tâche urgente des révolutionnaires est de gagner les masses de femmes pour le socialisme et de les mobiliser contre l'impérialisme, le fascisme et le colonialisme. Les campagnes politiques touchant les larges masses de femmes, ainsi que les programmes de formation des cadres féminins et les mécanismes organisationnels adaptés sur les besoins spécifiques des femmes sont essentiels pour renforcer la lutte pour la libération des femmes et pour surmonter la société bourgeoise qui impose des limites à cette libération.

Une initiative pour une coordination des femmes de l'ICOR, lancée lors de cette conférence, assumera cette responsabilité et organisera, en collaboration avec toutes les organisations de l'ICOR, un échange et un développement continus afin de mettre la lutte pour la libération des femmes, fondée sur des principes politiques et idéologiques, au cœur de la pratique quotidienne. Il est fondamental de défendre la supériorité du socialisme sur la société capitaliste obsolète, en particulier dans le mouvement militant des femmes. Les femmes révolutionnaires et leurs partis et organisationsde lutte doivent devenir des figures visibles au sein du mouvement militant des femmes et leurs actions doivent s’adapter aux exigences de l’époque.

Les alliés stratégiques des femmes ouvrières sont les autres femmes opprimées et les hommes de la classe ouvrière. La conférence a abordé les conséquences de la différenciation de classe parmi les femmes, qui ont conduit certaines femmes à s'intégrer au système d'exploitation, opprimant ainsi d'autres femmes.

La conférence a mis en avant la solidarité internationale comme pilier fondamental de la lutte pour la libération des femmes. Dans cette optique, la 2e Conférence des femmes de l'ICOR a exprimé son soutien à la campagne de l’ICOR en faveur du projet de reconstruction de l’hôpital Al-Awda à Gaza. Elle a réaffirmé son engagement à soutenir les travailleuses dans leur résistance continue contre l'oppression, l'exploitation et la répression. La conférence a mis l'accent sur l'unité entre les femmes, le dépassement des différences et la solidarité avec les femmes les plus vulnérables, dont les voix doivent être amplifiées. Dans le même temps, la conférence a condamné la vague croissante de répression étatique et a exprimé sa solidarité avec les femmes politiques emprisonnées, victimes de torture, de violences sexuelles et de la peine de mort, en particulier en Iran, en Palestine, en Turquie et au Cameroun.

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR salue les femmes en lutte partout dans le monde et se tient fermement à leurs côtés, du Rojava au Cameroun, du Sri Lanka au Pérou et à la Palestine. Les femmes sont unies dans la lutte pour la liberté et le socialisme. En tant qu'ICOR, nous leverons la bannière du socialisme pour la libération des femmes et de toute l'humanité, perpétuant ainsi le novateur héritage socialiste de la libération des femmes

*Pays représentés : Népal, Inde, Sri Lanka, Iran, Turquie, Kurdistan, Allemagne, Pays-Bas, Tunisie, Cameroun, Afrique du Sud, Pérou, Russie, France.

Autres messages de salutations et déclarations :

Message de salutations aux femmes du Rojava :

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR adresse ses salutations révolutionnaires aux femmes qui luttent au Rojava et dans toute la Syrie

De la Palestine au Soudan en passant par le Kurdistan, les femmes sont en première ligne de la résistance contre la guerre et l'impérialisme. La lutte de ces femmes sert à la fois de guide et de source de force pour toutes les femmes de l'ICOR dans notre lutte contre l'impérialisme et pour une vie meilleure.

En tant que femmes de l'ICOR, nous sommes solidaires avec les femmes du Rojava et de toute la Syrie, qui défendent leur liberté, leurs acquis révolutionnaires et leur existence même. Alors que les avancées des femmes sont au cœur de chaque phase critique de la révolution, c'est la révolution elle-même qui est déterminée à préserver les droits durement acquis par les femmes. Les femmes, en particulier celles de l'YPJ et des rangs des communistes, luttent sans relâche pour protéger leurs forces de défense, leur droit à la représentation et leur liberté grâce à des initiatives telles que la direction conjointe et les quotas.

La révolution du Rojava est confrontée à de nombreux obstacles. Outre les bombardements incessants du régime fasciste turc, la révolution et ses acquis sont également menacés par la prise de pouvoir des gangs meurtriers du HTS. Les femmes alaouites et druzes, en particulier, sont victimes de harcèlement, de viols, d'enlèvements et d'attaques violentes par les forces du HTS, qui sont à la fois réactionnaires et misogynes.

Hier, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, les femmes du Rojava sont descendues dans la rue pour rappeler au monde le rôle crucial que jouent les femmes dans le Nord et l'Est de la Syrie et pour appeler davantage de femmes à se joindre à elles dans la lutte contre la violence et l'oppression.

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR adresse ses salutations révolutionnaires aux femmes militantes du Rojava. Elles sont des phares de la résistance et des sources d'espoir pour les femmes du monde entier. En tant que femmes révolutionnaires, nous nous engageons à continuer à nous tenir résolument à leurs côtés et à défendre leurs acquis. La solidarité internationale des femmes est notre arme la plus puissante face à toutes les attaques.

Message de salutations aux femmes ouvrières du monde entier

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR salue les activités croissantes des travailleuses et des syndicats contre les attaques économiques, les développements fascistes et le danger d'une guerre mondiale.

Par exemple, les syndicalistes féminines du monopole chinois CATL ont manifesté le 1er mai en Allemagne aux côtés de leurs collègues pour protester « contre le racisme, le fascisme et la guerre ». Le logo de l'entreprise, figurant sur la banderole, a été utilisé par CATL comme prétexte pour adresser un total de 13 avertissements à la déléguée du personnel ainsi qu'à d'autres travailleurs et travailleuses. Une collègue a même été licenciée pour avoir pris une part active dans la formation du comité d'entreprise.

La lutte contre cette mesure a été menée avec succès au sein de l'entreprise et devant les tribunaux. Les proches et amis ont montré une solidarité exemplaire.CATL a déclaré ouvertement que l'un des avertissements visait spécifiquement une « marxiste-léniniste » du comité d'entreprise. Non seulement l'affiliation politique n'a pas sa place dans un comité d'entreprise, mais cela a clairement révélé que l’entreprise employait des méthodes anticommunistes, voire fascistes, dans sa gestion. L’’entreprise surveille ses travailleurs et travailleuses, oblige les employés chinois à travailler six jours par semaine de 9 heures à 19 heures et cherche à entraver et à réprimer la lutte ouvrière contre cette exploitation.

Le licenciement et les avertissements ont été annulés avec succès. Nous exprimons notre entière solidarité avec toutes les femmes, les travailleurs et travailleuses et les syndicalistes courageuses qui lèvent haut le drapeau dans la lutte contre le fascisme et le danger d'une guerre mondiale.

Liberté pour les prisonnières palestiniennes

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR exprime sa solidarité avec les femmes palestiniennes détenues dans les prisons de l'occupation et appelle au lancement d'une campagne internationale. Ce sont des combattantes pour la liberté et des femmes courageuses qui résistent à l'oppression coloniale. Nous demandons la libération immédiate de tous les prisonniers et prisonnières politiques palestiniennes et exigeons la fin des violences, des abus et de l'exploitation systématiques dont ils et elles sont victimes.

Liberté pour les femmes emprisonnées en Iran

En Iran, plus de 100 prisonnières politiques sont condamnées à mort et risquent d'être exécutées. Malgré les tortures qu'elles subissent, elles continuent de lutter pour l'autodétermination et la liberté. Nous sommes solidaires sans faille de ces femmes courageuses et de toutes les prisonniers et prisonnières politiques et exigeons leur libération immédiate.

Solidarité avec les femmes prisonnières et la lutte des demmes en Turquie

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR exprime sa solidarité indéfectible avec les prisonnières courageuses en Turquie, qui continuent de résister au fascisme, au colonialisme et au patriarcat même derrière les barreaux. Ces dernières années, la répression étatique fasciste sous la dictature d'Erdogan a particulièrement visé les femmes, qui constituent une force majeure de résistance en Turquie. Cette répression a conduit à une augmentation des perquisitions et des incarcérations visant à réduire au silence l'activisme politique des femmes.

Nous condamnons les violations continues et l'élimination systématique des droits des femmes en Turquie, en particulier la criminalisation augmentant de l'organisation politique des femmes. La répression en Turquie va de pair avec un programme fasciste visant spécifiquement les femmes et les personnes LGBTI.

Le retrait de la Convention d'Istanbul, qui a été établie pour protéger les femmes contre la violence, représente une mesure dangereuse et régressive qui met encore plus en danger la vie des femmes. Cette décision s'inscrit dans le contexte de l'augmentation du nombre de fémicides et d'une politique d'impunité pour les auteurs, directement encouragée par le fascisme. La déclaration du régime de « l'Année de la famille » reflète un modèle familial réactionnaire qui cherche à emprisonner les femmes entre les murs de leur propre maison.

La résistance des femmes contre cette violence, par exemple les luttes pour obtenir justice pour les meurtres de Sule Cet et Rojin Kabais, témoigne de leur détermination à affronter cette politique d'impunité et de violence.

Aux prisonnières en Turquie qui sont les porteuses de cette résistance : votre combat est notre combat. Nous vous adressons nos salutations sincères et notre solidarité à vous toutes, en faisant écho à vos voix pour la liberté, la dignité et la libération des femmes au-delà des frontières.

Nous appelons à la libération immédiate de toutes les prisonnières politiques en Turquie et exigeons la fin de la violence, de l'isolement et des abus qu'elles subissent.

La 2e Conférence des femmes de l'ICOR

Pour la 2e Conférence des femmes de l'ICOR depuis le Pérou :

Nous sommes les graines qui poussent sur la Terre Mère.