Communiqué final des travaux du Conseil central

Session du défunt Belkacem Yaacoubi

PPDS, Parti Patriotique démocratique socialiste, 

Le Conseil central du Parti patriotique démocratique socialiste s’est réuni en session dédiée au défunt Belkacem Yaacoubi, les 25 et 26 avril 2026, en présence des représentants des bureaux régionaux, locaux et de la diaspora (PPDS Europe), de la Commission des femmes Latifa Taamallah, ainsi que de l’Organisation de la jeunesse patriotique démocratique révolutionnaire « Kifah ».

Après avoir adressé un salut militant révolutionnaire à toutes ses militantes et militants pour leurs efforts et sacrifices au service du peuple, de la patrie, de la révolution et de toutes les causes de libération nationale, en tête desquelles la cause palestinienne qui demeure notre boussole, le Conseil a entamé ses travaux dans un contexte national, régional et international marqué par l’intensification des luttes de classes et l’approfondissement de la crise cyclique du capitalisme, accompagnée de guerres impérialistes et d’agressions continues contre les peuples opprimés, en premier lieu le peuple palestinien.

Les membres du Conseil central ont examiné l’ensemble des situations mondiale, régionale et nationale, ainsi que les différentes questions posées au parti et les échéances politiques et militantes à venir, pour aboutir aux évaluations, positions et tâches suivantes :

Sur le plan international :

  1. Le Conseil affirme que l’aggravation de la crise cyclique du capitalisme pousse les forces impérialistes à intensifier les guerres et les conflits comme mécanisme pour surmonter leur crise, dans un contexte d’exacerbation des contradictions entre blocs impérialistes et de redéfinition du partage de l’influence et des richesses.

  2. Il souligne que les transformations dans les rapports de force internationaux, avec l’émergence de nouvelles puissances et le recul de l’hégémonie américaine, traduisent le début de la formation d’un nouvel ordre mondial, notamment avec le déclin du dollar et la montée de monnaies alternatives, ce qui pousse l’impérialisme américain à renforcer ses efforts pour contrôler les réserves pétrolières et les sources d’énergie.

  3. Il condamne l’agression impérialiste américano-sioniste contre l’Iran et affirme son droit à défendre sa souveraineté dans le cadre de la confrontation avec le projet impérialiste dans la région, saluant la capacité des peuples à résister et à rééquilibrer le rapport de forces, et exprimant sa solidarité avec l’Iran sur les plans militaire, populaire et national.

  4. Il exprime sa condamnation des politiques américaines et sionistes et de leur mépris du droit international et des traités ainsi que du non-respect de la souveraineté des États, notamment lors de l’enlèvement du président légitime du Venezuela, Maduro, et de son épouse, et affirme sa solidarité avec le peuple vénézuélien et ses forces révolutionnaires.

  5. Il enregistre sa solidarité totale avec le peuple cubain face au blocus injuste et à toutes les politiques agressives menées par le président américain criminel Trump, notamment les menaces d’invasion de Cuba.

  6. Il dénonce l’intervention impérialiste au Mali, en Afrique de l’Ouest et dans les pays du Sahel pour étouffer les tentatives de libération nationale, accusant la France d’avoir mobilisé des groupes terroristes pour déstabiliser la région, et affirme sa solidarité totale avec les peuples africains dans leur lutte pour la libération du colonialisme français et de l’hégémonie impérialiste.

  7. Il exprime sa solidarité avec les luttes des peuples et des forces progressistes et révolutionnaires contre l'oppression et le fascisme, notamment en Turquie et en Inde, et condamne l'utilisation des lois « antiterroristes » pour réprimer les mouvements révolutionnaires et ouvriers. Le régime fantoche d'Erdoğan a emprisonné injustement des milliers de militants révolutionnaires et fermé les sièges des partis de gauche révolutionnaires, leurs journaux, ainsi que les associations et organisations qui leur sont affiliées. De plus, le régime fasciste et sioniste de Modi a lancé des campagnes d'assassinats et de répression à grande échelle contre les communistes et les partis révolutionnaires.

Sur le plan arabe:

  1. Il dénonce l’agression sioniste continue contre le peuple palestinien, la guerre génocidaire en cours à Gaza, ainsi que les politiques de blocus, de famine et de déplacement forcé, et affirme son soutien total à la résistance sous toutes ses formes.

  2. Il rejette la loi autorisant l'exécution des prisonniers, la considérant comme une escalade dangereuse visant le mouvement des prisonniers, et renouvelle sa solidarité avec les prisonniers et leurs luttes, appelant à intensifier les efforts pour soutenir les prisonniers expulsés, notamment compte tenu de la détérioration de leur santé et de leurs conditions de vie, et à faire pression pour leur accueil en Tunisie et pour assurer leur prise en charge.

  3. Il condamne la poursuite des attaques sionistes contre le Liban malgré les fragiles accords de trêve et rejette le plan de déplacement et d'occupation coloniale du Sud-Liban, délimité par la soi-disant Ligne jaune, dont elle révèle le lien avec les processus de normalisation en cours, tout en saluant la fermeté de la résistance libanaise. Il exprime également son soutien indéfectible à la résistance libanaise face aux campagnes et tentatives de désarmement et à l'assassinat de ses icones historiques.

  4. Il dénonce le rôle fonctionnel des régimes arabes réactionnaires dans le soutien aux processus de normalisation et dans la tentative d’extermination des causes de libération.

Sur le plan national (Tunisie):

  1. Il affirme que la crise en Tunisie n’est pas circonstancielle, mais plutôt le résultat direct de choix économiques et sociaux qui perpétuent le colonialisme et la dépendance à l’égard des capitaux étrangers et des cercles financiers mondiaux, et servent les intérêts de la coalition de classe réactionnaire au pouvoir, qui a conservé sa présence malgré toutes les transformations formelles, compte tenu de l’aggravation du coût de la vie, de la hausse des taux d’inflation, de l’aggravation des pénuries de matières premières et de la détérioration continue du pouvoir d’achat des classes populaires, en abandonnant les demandes des masses populaires les 17 décembre, 14 janvier 2011 et 25 juillet 2021.

  2. Il dénonce les politiques relatives au système de subventions qui tendent à son démantèlement progressif, en retirant des marchés les produits subventionnés et en imposant des alternatives sous prétexte de « diriger la subvnetion vers ceux qui le méritent » ou en promouvant des produits alternatifs tels que le « pain au son », ce qui représente une attaque systématique contre le droit à l’alimentation et un fardeau supplémentaire pour les classes populaires, les soumettant aux diktats des cercles financiers mondiaux.

  3. Il tient le Président de la République et le Parlement pour responsables de toute atteinte à la souveraineté nationale, notamment dans le secteur des énergies renouvelables, compte tenu de la ratification de nouvelles concessions (à Gafsa, Sidi Bouzid, Gabès et Kairouan). Cette décision ne fera qu'accroître la dépendance vis-à-vis des entreprises étrangères, ciblera directement la compagnie nationale d'électricité et de gaz STEG et ouvrira la voie à sa privatisation. Le maintien d'un système fiscal inéquitable, en particulier dans les carrières de sable et de marbre, et le transfert de crédits carbone sans prise en compte adéquate de leur impact environnemental et de leur capacité opérationnelle limitée, constituent un épuisement des ressources nationales et une atteinte directe à la souveraineté énergétique du pays.

  4. Il dénonce le recul des libertés et appelle à l’abrogation du décret-loi 54 ainsi qu’à la mise en place de la Cour constitutionnelle pour combler le vide constitutionnel. Il rejette également les restrictions systématiques imposées à l’activité politique, ainsi que le chantage exercé sur les organisations nationales, les distinguant des associations suspectes, organiquement liées aux intérêts coloniaux par leur financement et leurs objectifs. Dans ce contexte, il affirme son rejet du ciblage de l’Union générale tunisienne du travail UGTT et de l’activité syndicale par une série de mesures arbitraires, notamment la suppression du prélèvement automatique, l’annulation des négociations et les restrictions imposées aux syndicats de base et à tous les syndicalistes. Il renouvelle également sa solidarité avec la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme suite à sa décision de suspendre ses activités pendant un mois.

  5. Il condamne la répression et les restrictions imposées au mouvement de solidarité soutenant la cause palestinienne et réaffirme son soutien inconditionnel au camarade Ghassen Henchiri, membre du Bureau politique du parti, exigeant sa libération immédiate et son acquittement de toutes les accusations infondées et mensongères portées contre lui.

  6. Il appelle les autorités à accélérer la promulgation de la loi régissant le chômage de longue durée et à prendre en compte les doléances des chômeurs, ainsi qu'à résoudre tous les problèmes liés à l'application de la loi abolissant la sous-traitance, compte tenu de l'intransigeance des propriétaires d'entreprises et d'institutions.

  7. Il condamne la montée des discours racistes et des actes racistes répréhensibles, et tient le régime de Saïed pour pleinement responsable. Il rappelle sa position selon laquelle la migration est un droit humain fondamental et un mouvement de résistance contre le capitalisme, le colonialisme et l'impérialisme. Il affirme que la Tunisie, comme toute l'Afrique et le monde, doit être ouverte à tous les migrants et que les Tunisiens doivent avoir le droit d'émigrer partout dans le monde.

  8. Il tient le pouvoir en place responsable de l'érosion dangereuse des libertés que le peuple tunisien a conquises au prix d'immenses sacrifices et du sang versé lors du soulèvement du 17 décembre 2010 au 14 janvier 2011, et considère ces politiques comme une régression par rapport aux acquis qu'il faut conquérir de haute lutte.

  9. Il réaffirme son attachement à la voie de l'unification et d’alliance démocratique nationale et la nécessité de construire un front national progressiste qui représente une véritable alternative à l'autorité de Saied, en rupture totale avec les Frères musulmans, les destouriens, le Front du salut et leurs alliés. il appelle également à élargir le mouvement populaire pour résister aux politiques antipatriotiques, défendre les marges de liberté, s'opposer à la normalisation et exiger l'adoption d'une loi la criminalisant.

Conseil central du Parti Patriotique démocratique socialiste PPDS

Secrétaire général : Nouri Beltoumi

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